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Il promettait un rendement jusqu’à 1825 % par année

Un présumé fraudeur fait face à la justice pour avoir floué sept investisseurs dans un stratagème à la Ponzi

Réjean Thiboutot, un conseiller en placement de 53 ans, est accudé de fraude de plus de 5000 $.
Photo Le journal de Québec, Kathleen Frenette Réjean Thiboutot, un conseiller en placement de 53 ans, est accudé de fraude de plus de 5000 $.

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Sans être conseiller en placement ni même posséder un permis de l’Autorité des marchés financiers, un homme accusé de fraude a promis à sept investisseurs des rendements sur placement à un taux d’intérêt nominal annuel allant jusqu’à... 1825 %.

C’est ce qu’il a été possible d’apprendre lundi, au premier jour du procès de Réjean Thiboutot, un conseiller en placement de pacotille qui s’est fait prendre alors qu’il gérait un stratagème à la Ponzi.

Investisseurs

Entre les mois de novembre 2005 et juin 2010, l’homme de 53 ans a récolté différentes sommes d’argent provenant d’investisseurs à qui il promettait des rendements minimums garantis variant de 9 à 30 %.

«Toutefois, lorsque l’on normalise le tout sur une année, on voit que ces rendements pouvaient atteindre 1825 %, ce qui est tout à fait invraisemblable», a fait savoir Richard Forand, un expert juricomptable mandaté par la Sûreté du Québec pour étudier ce dossier.

Pour «monter» son stratagème, Thiboutot n’avait qu’à trouver un premier investisseur à qui il promettait un rendement garanti sur une période de temps donnée. Une fois l’échéance du contrat arrivé à terme, un deuxième investisseur servait à rembourser le premier et ainsi de suite.

«Tout ça fonctionne tant et aussi longtemps que la personne est capable de respecter ses échéances et de trouver des investisseurs. Le jour où la chaîne ne fonctionne plus, tout s’écroule», a ajouté l’expert.

Comptes multiples

Comme il a été démontré dans le cadre de l’enquête, l’accusé utilisait aussi de nombreux comptes bancaires, et ce, dans chacune des institutions financières québécoises.

«Il a émis une grande quantité de chèques sans provision, c’est ce qui explique pourquoi il a ouvert autant de comptes dans autant d’institutions», a expliqué M. Forand.

Pour rassurer les investisseurs, une «feuille» de contrat leur était remise, une chose qui ne se fait pas dans le cadre d’un investissement.

«Si on décide de faire un placement, il y aura un contrat avec des clauses et des sous-clauses. Dans le cas qui nous occupe, la feuille remise était comme un billet à court terme. Ça donnait une apparence de confort puisque les investisseurs avaient un document signé, donc un sentiment de sécurité», a-t-il ajouté.

Le procès doit s’échelonner sur une semaine.

*Rappelons qu’en décembre 2011, cinq investisseurs de la région de Québec réclamaient un peu plus de 2,5 millions de dollars à Réjean Thiboutot dans le cadre d’un recours civil. Parmi les poursuivants, on retrouvait Jean-Noël Lacroix, ancien administrateur de Flamidor qui s’était retrouvé au cœur de l’actualité en 2006 pour pratique illégale de l’activité d’assureur en assurance-vie et qui, en 2014, a plaidé coupable à une accusation de vol pour sa participation à une fraude fiscale de 900 000 $.

Réjean Thiboutot

  • Âge: 53 ans
  • Accusation: fraude de plus de 5000 $
  • Nombre de victimes alléguées: 7
  • Argent investi par les présumées victimes: de 24 400 $ à 353 500 $
  • Durée des placements: de 7 à 255 jours
  • Rendement minimum garanti: de 9 à 25 %
  • Taux d’intérêt nominal annuel: de 23 à 1825 %
  • Total de la fraude: 500 000 $