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Éric-Emmanuel Schmitt en tournée au Québec

L’auteur joue la pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

Éric-Emmanuel Schmitt était à Québec, mercredi, pour annoncer la tournée québécoise de la pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, dans laquelle il est seul sur scène. 
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Éric-Emmanuel Schmitt était à Québec, mercredi, pour annoncer la tournée québécoise de la pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, dans laquelle il est seul sur scène. 

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L’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt partira en tournée partout au Québec cet automne, mais en tant qu’acteur. Dans le cadre d’un parcours de 23 villes en 30 jours, en novembre et décembre prochain, il présentera la version théâtrale de son propre roman, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, dans laquelle il joue à lui seul tous les personnages.

Le dramaturge donne les deux premières représentations vendredi et samedi, à Montréal, en première nord-américaine. Celui qui entretient une histoire d’amour avec le Québec depuis 20 ans reviendra cet automne pour sa toute première tournée dans la province, a-t-il annoncé mercredi, qui ira de Rouyn-Noranda jusqu’à Baie-Comeau.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, un livre publié en 2001, a été vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde. Il raconte l’histoire improbable de Momo, un jeune juif qui entretient une amitié avec Ibrahim, un épicier musulman.

Éric-Emmanuel Schmitt est devenu l’acteur de sa propre pièce par accident. Il n’y avait pas réellement songé, jusqu’à ce que l’acteur principal de l’adaptation théâtrale, qui était présentée à Paris l’an dernier, ait un empêchement pour jouer.

La piqûre pour le jeu

«J’ai appris le texte en trois jours, a-t-il dit en point de presse. J’ai eu un plaisir total.»

Et il a pris goût à la scène, c’en est même risqué, dit-il. «J’adore être sur scène. J’adore partager les émotions qu’il y a dans mes livres avec le public. La vie d’écrivain est une vie de retrait. [...] J’ai découvert ce bonheur de vibrer avec les autres, de voir les salles recevoir mes personnages directement. C’est extraordinaire de jouer.»

«Mais je ne jouerais que du Schmitt», lance-t-il en riant. Car personne ne connaît mieux l’œuvre que son auteur. «Je lutte contre l’émotion qui me prend, parfois. Ces phrases ont été inspirées par des choses que j’ai vécues que personne ne sait.»

«Monsieur Ibrahim, c’est mon grand-père, ajoute-t-il. [...] Je me suis beaucoup inspiré de lui. Momo, c’est facile. C’est le gamin que je pouvais être, plein de révolte, plein de mauvaise humeur, à deux doigts de tomber dans la délinquance.»

Un texte qui résonne autrement

Éric-Emmanuel Schmitt a déjà fait quelques représentations de la pièce en France en 2015. La dernière fois qu’il l’a jouée, c’était au lendemain des attentats de Paris. Ce texte sur la tolérance, plus d’actualité que jamais, a donc eu une tout autre résonance.

«Le lendemain, tous les spectacles étaient supprimés, les théâtres, fermés. Mais le sénateur de la ville a dit: “S’il y a un spectacle qu’on doit jouer pour ne pas céder à la peur, c’est celui-là”. C’était une représentation exceptionnelle. On savait pourquoi on était là.»

Le dramaturge affirme qu’au départ, le livre a été écrit comme un monologue de théâtre. «Maintenant, on le lit comme un roman, mais ç’a été écrit pour la scène d’abord», dit-il à propos de cet ouvrage qui a aussi fait l’objet d’un film, en 2004.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran sera présenté vendredi et samedi, à la salle Pierre-Mercure, à Montréal. La tournée québécoise aura lieu du 16 novembre au 17 décembre. Les billets sont en vente maintenant.