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Les excuses de Béland, le dérapage de Payette

Lise Payette
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

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Selon le communiqué de Radio-Canada au sujet de Tout le monde en parle de dimanche, on aura droit à des excuses de Marc Béland :

 

« Ami du cinéaste décédé en 1986, Marc Béland, qui avait d’abord cru à du salissage, se rétracte et s’excuse auprès de l’auteur pour les propos durs qu’il a tenus en entrevue à 24/60. »

 

Bon, il s’excuse auprès de l’auteur parce qu’il pensait que le livre était une job de salissage. Quand il a donné son entrevue à 24/60 la victime présumée ne s’était pas encore livrée à La Presse. Soit.

 

Mais indépendamment de ce témoignage accablant, qu’est-ce qui pouvait justifier le délire de Béland avec Anne-Marie Dussault ? Même sans savoir qu’il y avait une victime de 6 ans, il savait quand même qu’il y avait des jeunes qui défilaient dans la chambre à coucher de Jutra. C’est lui-même qui l’a offert spontanément à l’intervieweuse. Comment donc expliquer qu’il ait excusé, minimisé, et balayé sous le tapis les agissements de Jutra ? Parce que c’était son ami ? Parce qu’il était doux et gentil ?

 

Manifestement Marc Béland et Lise Payette ont bu le même Kool Aid.

 

La chronique de Madame Payette de ce matin dans l'auguste Devoir aurait peut-être, je dis bien peut-être, pu passer si elle avait été publiée lundi, après les révélations de La Presse de samedi. Mais pas ce matin ! Pas après le témoignage révoltant d’une présumée victime !

 

Madame Payette nous entretient de son ami comme si elle ignorait la nature même des accusations portées contre lui. C’est au-delà de l’aveuglement.

Chaque fois que j’entendrai son nom, je me lèverai pour saluer sa mémoire. L’exécution à l’aube a eu lieu il y a 30 ans. Peut-être qu’on devrait laisser les morts reposer en paix.

 

Si un de mes amis proches était accusé, même à titre posthume, de sévices sur des enfants, j’en tremblerais d’effroi.

 

On peut être déçu, trahi par un ami. Mais que cette amitié ait préséance sur notre capacité de compassion et d’empathie pour des victimes, cela me dépasse.

 

 

Au registre des amitiés déçues, j’aime mille fois mieux l’attitude d’un Normand Brathwaite qu’on a senti complètement sonné par les événements mais qui n’a en aucun cas cherché à minimiser ou excuser les gestes de celui qu’il considérait comme son mentor. Au contraire.

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