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L’Oncle Sam veut voir dans votre iPhone

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Le jeu du chat et de la souris entre les services de renseignement et les défenseurs de la vie privée expose quelques dilemmes et contradictions de la lutte contre le terrorisme.

Après les attentats de San Bernardino, les enquêteurs ont récupéré l’iPhone d’un des meurtriers. Le FBI exige qu’Apple lui fournisse le moyen de débloquer l’accès aux données précieuses qu’il pourrait contenir. Le fabricant refuse.

Apple allègue ne pas pouvoir désactiver la sécurisation du téléphone, mais l’entreprise craint surtout qu’une telle clé puisse tomber entre des mains malveillantes ou que ce cas constitue un précédent pour des régimes répressifs ailleurs dans le monde.

Un dilemme cornélien

De plus en plus, la menace terroriste provient d’individus radicalisés de l’intérieur des sociétés occidentales plutôt que de groupes extérieurs. Ce changement incite les États à accentuer la surveillance interne, au détriment du droit à la vie privée de leurs citoyens.

Il n’y a pas de solution évidente, mais à ceux qui croient qu’aucune limite ne peut être imposée à l’action antiterroriste de l’État, il faut rappeler que ce phénomène représente encore un risque assez minime. Le Nord-Américain moyen a plus de chances d’être frappé par la foudre que d’être victime d’un attentat islamiste.

Personne à l’abri des contradictions

Il est louable qu’Apple défende avec vigueur la vie privée de ses clients, mais il n’en demeure pas moins que le fabricant tire un énorme bénéfice de la vente de ses produits à des usagers qui ont intérêt à rester discrets.

La palme de l’hypocrisie, dans cette histoire, ne va toutefois pas à Apple. Elle revient plutôt à une certaine droite qui proclame que l’État a perdu toute légitimité pour agir, tout en soutenant que la branche de l’État la plus obscure et la moins redevable de ses actions devrait avoir carte blanche pour tenir ses citoyens à l’œil.