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UberX: négocier avec des hors-la-loi!

UberX: négocier avec des hors-la-loi!
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Autre temps, autres mœurs, disait l’adage. Nous sommes forcés de constater que l’attitude du gouvernement du Québec diffère de celle adoptée dans le passé avec ses propres employés alors qu’il refusait de négocier pendant une grève qualifiée d’illégale. Aujourd’hui, il ouvre les portes du parlement à un groupe qui se fout éperdument de la légalité.

Je m’excuse de rappeler les propos d’un de mes «profs» de philosophie au cégep, plutôt marxiste, qui nous répétait souvent que les institutions législatives et juridiques étaient au service de la classe dominante contre les intérêts de la classe ouvrière.

J’imagine assez bien le dépit de ces chauffeurs de taxi qui tardent à voir un juge trancher sur leur requête en injonction et qui assistent impuissants à cette parade d’UberX en commission parlementaire.

Je visualise encore plus mon vieux «prof» qui nous sermonnait devant notre incrédulité et qui triompherait de ce si bel exemple.

Cette situation baroque était prévisible avec le pleutre ministre mis en place par notre bon premier ministre. Celui qui a presque fait don d’un cadeau d’un milliard de dollars américains à l’entreprise Bombardier, sans même s’être approprié un quelconque poste de commande, a succédé à Robert Poëti, qui exprimait passablement plus de réserves à l’égard de la multinationale.

Jacques Daoust n’a même pas eu le courage de rendre la participation d’UberX à la commission parlementaire conditionnelle à une cessation temporaire de ses activités qui, dans le cadre nos lois et règlements, sont illégales.

J’ai peine à croire que les mêmes gens outrés par l’agissement du syndicat des cols bleus de Montréal demeurent impassibles devant les actes illégaux d’UberX. Dans le cas des syndicalistes comme Chantal Racette, on parle d’un combat d’arrière-garde, on leur reproche le retour aux vieilles méthodes et on les invite à faire preuve de civisme. Pour ce qui est de patrons d’activités commerciales, on préfère nous entretenir de modernité, on vante leur esprit créatif et on ferme les yeux sur le fait qu’ils se moquent de nos lois.

À la lumière de ce que nous observons, un nouveau droit est en voie de se créer alors qu’il suffirait d’avoir une certaine sympathie populaire pour déroger aux lois et imposer son point de vue.

J’imagine les travailleurs du secteur public qui jouissaient d’un fort courant d’appuis et qui auraient défié une loi spéciale d’un ministre Coiteux qui se serait entêté à décréter leurs conditions de travail. Auraient-ils été invités à une commission parlementaire pour dénouer l’impasse?
 

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