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Fracture du bras durant sa pause cigarette: elle ne sera pas indemnisée

Thérèse Miljours dit avoir toujours de la difficulté à lever son bras droit depuis qu’elle se l’est cassé en prenant une pause cigarette.
Photo david prince Thérèse Miljours dit avoir toujours de la difficulté à lever son bras droit depuis qu’elle se l’est cassé en prenant une pause cigarette.

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AMOS | Une femme qui s’est cassé le bras pendant sa pause cigarette ne sera pas indemnisée, a tranché la Commission des lésions professionnelles.

Le 15 janvier 2015, Thérèse Miljours était sortie vers 7 h 40 du magasin de meubles où elle travaille pour fumer une cigarette. Elle a cependant échappé sa cigarette par terre. En voulant la ramasser pour la mettre dans un cendrier, elle a chuté et s’est cassé le bras droit.

La responsable administrative chez Meubles Branchaud, à Amos, en Abitibi, a été forcée de cesser de travailler pendant six mois. Elle devra vivre avec des séquelles permanentes et elle devra peut-être être opérée.

La CNESST (anciennement la CSST) a refusé d’indemniser la travailleuse en prétextant que la pause cigarette n’avait rien à voir avec son travail.

«Ce qui m’a vraiment frustrée, c’est de me faire dire par une représentante de la mutuelle que Branchaud ne me payait pas pour fumer, mais pour travailler. Ça, je l’ai trouvé un peu raide», a-t-elle dit en précisant qu’elle n’en veut pas à son employeur et qu’elle a une bonne relation avec lui.

Appel

Mme Miljours a porté la cause en appel, mais elle a été déboutée par la Commission des lésions professionnelles.

«L’incident s’est produit alors que la travailleuse était à l’extérieur de l’immeuble de son employeur pour accomplir une activité purement personnelle, soit fumer une cigarette», peut-on lire dans le jugement rendu le 8 février.

Selon la CLP, l’employeur n’a pas à assumer le risque de ses employés qui vont fumer.

Frustrée

Mme Miljours estime quant à elle que sa pause fait partie de son travail et que son patron lui a toujours permis de sortir pour fumer quand elle en avait le temps.

«Ça me frustre et pas à peu près. J’avais poinçonné depuis une demi-heure. J’étais rentrée plus tôt ce matin-là pour préparer mes livraisons. Dans mon travail, on ne peut pas prendre les pauses à des heures précises. On les prend quand on peut et je voulais le faire avant que le magasin ouvre. Je pensais que la CSST était là pour les travailleurs, mais je constate qu’elle est surtout là pour les employeurs», a-t-elle dit.

Activité de confort

Selon le porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail, Yvon Grégoire, il faut toujours se demander si les accidents sont arrivés «à l’occasion du travail».

«Sans entrer dans les détails d’un cas précis, si vous allez louer un film ou faire votre épicerie pendant votre pause et que vous avez un accident, vous ne pouvez pas être considéré comme étant au travail», a-t-il dit.