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40 000 $ pour une autre élection scolaire inutile

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Photo d'archives Alain Fortier
Président de la commission scolaire des Découvreurs

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La commission scolaire des Découvreurs demande au nouveau ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, d’éviter la tenue d’une élection scolaire partielle au coût de 40 000 $.

Cette élection partielle a été provoquée par le départ d’un des commissaires, Jean-Luc Lavoie, qui est aussi l’attaché politique du nouveau ministre. M. Lavoie a démissionné pour éviter toutes apparences de conflits d’intérêts.

Même s’il est fermement convaincu de la pertinence de la démocratie scolaire, le président des Découvreurs, Alain Fortier, espère éviter ce gaspillage d’argent public dans un contexte où l’avenir des élus scolaires est plus qu’incertain.

Le ministre Proulx doit justement se pencher sur le projet de loi 86, qui est à l’étude en commission parlementaire et prévoit l’abolition des élections scolaires.

«Comme bon gestionnaire, ce serait irresponsable de dire qu’il n’y en a pas, de problème, et qu’on va mettre 40 000 $ (dans cette élection) et si c’est juste pour deux mois, tant pis. C’est comme si mon permis de conduire risque de venir à échéance et qu’ils ne le renouvelleront jamais et que je m’achète un char neuf», lance-t-il, en entrevue au Journal.

La commission scolaire demande au nouveau ministre de lui permettre de nommer un remplaçant, comme c’est le cas lorsqu’un commissaire démissionne moins d’un an avant la fin de son mandat. «Il me semble que tout le monde serait d’accord avec ça», lance M. Fortier.

Si jamais le gouvernement Couillard fait marche arrière et maintient les élus en place, il sera toujours temps de faire une élection, ajoute le président.

«La loi est claire et qu’elle sera respectée»

Au cabinet du ministre Proulx, on s’est contenté d’indiquer jeudi que «la loi est claire et qu’elle sera respectée», ce qui forcera la tenue de l’élection partielle.

De son côté, l’opposition ne s’est pas gênée pour dénoncer la situation. Alexandre Cloutier, critique péquiste en matière d’éducation, considère que toute cette situation a été «mal gérée» au cabinet du nouveau ministre.

«C’est quand même incroyable comme situation, ils auraient pu trouver une solution à l’interne» pour éviter ces dépenses inutiles de fonds publics, lance M. Cloutier.

L’automne dernier, pour éviter la tenue d’une élection partielle à la commission scolaire English-Montreal, le gouvernement Couillard avait déposé le projet de loi 72, mais son étude avait été retardée par le Parti québécois, qui lui avait reproché son improvisation dans ce dossier.

Le dépôt d’un autre projet de loi, semblable à celui déposé cette automne, ne ferait que retarder les travaux entourant le projet de loi 86, affirme maintenant M. Cloutier.

De son côté, la Coalition avenir Québec demande au gouvernement de «mettre ses culottes» et d’empêcher la tenue de cette élection partielle, quitte à redéposer un autre projet de loi. «Ce serait vraiment du gaspillage, lance Jean-François Roberge, critique en matière d’éducation. Le coût de cette élection représente le salaire d’un technicien en éducation spécialisé pendant un an.»