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«Ce sont des sans-cœur»

Atteinte du cancer du sein, elle s’est battue durant 5 ans pour être dédommagée par la Banque Nationale

Pendant toute la durée de ses traitements et de sa bataille contre la banque, Marylin Troy devait passer devant une plaque honorifique de la Banque Nationale, partenaire de la Fondation du cancer du sein du Québec.
Photo Le Journal de Québec, Nicolas Saillant Pendant toute la durée de ses traitements et de sa bataille contre la banque, Marylin Troy devait passer devant une plaque honorifique de la Banque Nationale, partenaire de la Fondation du cancer du sein du Québec.

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Une mère de famille aux prises avec un cancer du sein a dû se battre seule pendant cinq ans contre la Banque Nationale qui a vigoureu­sement refusé de lui verser une assurance invalidité. Elle a finalement eu gain de cause devant les petites créances.

«Fier partenaire» de la Fondation du cancer du sein du Québec, la Banque Nationale n’a pas déroulé le tapis rouge pour Marylin Troy, qui a dû arrêter de travailler pendant 16 mois en raison d’un cancer du sein. Plutôt que d’indemniser sa cliente, la banque s’est plutôt acharnée pendant cinq ans pour éviter de lui verser son assurance invalidité. «Ce sont des sans-cœur», tranche la dame.

En octobre 2009, Mme Troy et son conjoint ont signé une hypothèque pour l’achat de leur nouvelle résidence. Cliente depuis huit ans, Mme Troy se soumet au questionnaire pour l’assurance-vie, elle y mentionne un rendez-vous avec son médecin de famille deux jours avant.

À ce moment, une inflammation du sein avait encouragé son médecin à prescrire une mammographie qui n’a toutefois révélé rien d’anormal. Entre-temps, Mme Troy a obtenu la confirmation de la Banque Nationale qu’elle était assurée.

«Fausse représentation»

Après une série d’examens tous négatifs, c’est finalement une biopsie qui, huit mois plus tard, confirme le pire, soit un cancer inflammatoire très rare.

Obligée de cesser de travailler, Marylin Troy fait alors une demande d’indemnisation. Après des mois d’étude du dossier pendant lesquels elle subit des traitements de chimio et de radio, elle reçoit comme «cadeau de Noël» un refus de la banque pour fausse représentation.

«Dévastée et découragée», en pleine chimiothérapie et sans argent pour payer l’hypothèque, Mme Troy a vu son conjoint être contraint de se trouver un deuxième emploi, pendant que la malade se lançait dans une longue bataille juridique. Elle réclamait alors 29 400 $ pour 12 mois d’arrêt de travail.

«Prisonnière» de l’institution

Craignant que la bataille ne coûte aussi cher que la réclamation, elle a plutôt décidé d’aller devant les petites créances. «Ils [la banque] essayaient d’étirer le temps pendant que moi je suis malade et on ne sait pas encore si je vais revenir», fait valoir celle qui a cru perdre son combat contre la maladie.

Se représentant seule contre une avocate bien préparée de la Banque Nationale, Mme Troy a tout de même gagné sa cause et 7000 $. Or, la dame hésite maintenant à encaisser le chèque puisque la Banque l’oblige à signer sept documents. «Ils veulent que je signe pour dire que je suis satisfaite», explique la dame, consternée.

Celle qui se dit «prisonnière» de la Banque Nationale en raison de son hypothèque, s’enrage maintenant de voir les profits engrangés chaque année par l’entreprise. «Ils ont quand même sauvé 23 000 $ avec moi. 23 000 $ ici et là, ça en fait de l’argent sur le dos des femmes qui ont le cancer et d’une cause qu’ils supportent», dénonce-t-elle.

Invitée à réagir mardi, la Banque Nationale a soudainement montré une ouverture à entendre les doléances de Mme Troy, cinq ans plus tard.