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Labeaume et la cuisine de rue

Labeaume et la cuisine de rue
PHILIPPE-OLIVIER CONTANT/AGENCE QMI

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Qui donc tord le bras du maire Régis Labeaume pour l'empêcher d'autoriser l'émission de permis pour des camions de cuisine de rue à Québec?

La question se pose plus que jamais, alors que le maire vient de faire une étonnante sortie pour dire que personne ne lui parlait jamais des camions de cuisine de rue (ou food trucks) et que ce serait selon lui une lubie des médias. La veille, son attaché de presse Paul-Christian Nolin avait pourtant indiqué que la Ville n'était pas fermée et que les fonctionnaires devaient présenter les tenants et aboutissants du dossier d'ici quelques semaines aux élus du comité exécutif. 

On regarde comment Montréal va, on va analyser ça avec les restaurateurs et on va penser aux payeurs de taxes, a réagi le maire en substance, cet après-midi en marge d'une conférence de presse sur l'eau potable. Toujours selon lui, ce n'est pas une priorité, et il ne pense pas qu'il y en aura cet été.

C'est drôle, mais de mon côté, j'en entends parler régulièrement, et j'ai vu des files de gens attendre patiemment au froid pour goûter les beignets des Petits bonheurs d'antan dans le stationnement du IGA de Cap-Rouge, en fin de semaine passée.

C'est drôle, mais dans le cadre de missions à l'étranger, j'ai souvent vu le maire s'extasier devant des camions de cuisine de rue dans plusieurs villes européennes, et clamer à quel point c'est un beau concept et que ce serait donc plaisant à Québec.

C'est drôle mais plusieurs villes dans le monde, justement, à commencer par Montréal mais aussi Drummondville, Granby et Saguenay, ont essayé le concept avec succès. À Montréal, la trentaine de camions répartis dans les différents arrondissements font le bonheur des passants désireux de manger sur le pouce.

Concept à encadrer

Ce qui encore plus drôle, c'est que le maire fait comme s'il ne comprenait pas le concept et qu'il n'y avait pas moyen de réglementer le concept pour justement ne pas nuire aux restaurateurs. Des restaurateurs qui, faut-il le rappeler, comptent pour 80 % des membres de l'Association des restaurateurs de rue selon la recherche effectuée l'an dernier par ma collègue Stéphanie Martin.

Car les camions de cuisine de rue représentent, pour les restaurateurs fixes, une belle façon de faire connaître leurs produits, leur cuisine... et leur restaurant.

Je crois comprendre que le maire souhaite ménager les restaurateurs qui sont révoltés -c'est le mot- contre les hausses de taxes successives des dernières années. Mais si justement c'était une belle façon de se faire connaître? Je ne comprends décidément pas pourquoi les gens de Québec en seraient privés de la sorte, alors qu'on nous répète que l'économie va bien, que tout va bien et qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. En quoi, dans ce cas, les camions de bouffe de rue représentent-ils à ce point une menace?

À voir aussi sur le même sujet:

Ma chronique de cette semaine à l'émission Mise à jour, avec Andrée Martin, sur les ondes de MATV. 

– karine.gagnon@quebecormedia.com

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