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Food truck et crise de bacon

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Tous ceux qui ont voyagé le moindrement, au Québec et ailleurs, ont vite réalisé que les «food trucks» font partie du décor d’une vie urbaine animée.

Le même effet que les cabanes à patates dans nos beaux villages.

DANS L’TEMPS

Jeune, quand je jouais au baseball, autour de 1974, monsieur Parent était stationné derrière le marbre, avec sa roulotte à patates après tous les matchs.

Il ne changeait jamais l’huile à frire et on le savait. La cheminée de sa cambuse motorisée émettait un genre de suif évanescent, blanchâtre.

J’ai encore le goût en tête et je paierais même cher pour y goûter à nouveau.

Dans le bas de la ville, à Shawinigan, les roulottes de «Beauparlant» et de son compétiteur animent la 5e depuis au moins 60 ans!

Sans elles, ça ne serait plus pareil.

En refusant obstinément les «food trucks» à Québec (alors que Montréal a pourtant dit oui), Régis Labeaume commet une bourde inexplicable et ses propres conseillers, tous chèrement payés, font un bien piètre travail pour le ramener sur terre.

MANQUE DE RESPECT

Régis est en mode «chicane».

Jadis il y eut Verner, ensuite Bernier, Gagnon, Deltell, Roy-Marinelli, Loranger et j’en passe et en oublie.

Ces temps-ci, il joue aux dards avec la face du maire de Stoneham.

Régis fait la baboune. Comme un enfant gâté en culotte courte, qui gronde et lance sa compote sur la tapisserie. Une crise de maire-roi, aux prises avec un ego démesuré, sans cesse gonflé par les mamours de messieurs mesdames et la liasse de sondages commandés par... Équipe Labeaume.

Dans le dossier des «food trucks», Labeaume nous a manqué de respect en se prononçant publiquement en notre nom sans nous avoir consultés, alors que le sondage maison effectué par Le Journal l’a brutalement contredit!

Qu’il veuille protéger Grande Allée est une chose, mais le maire doit se réveiller et incorporer les «food trucks» dans la vie urbaine estivale: les «food trucks» font presque l’unanimité à Québec!

Mais pire encore selon moi est le fait que l’intempestif magistrat ait littéralement craché au visage d’un investisseur de Québec qui a risqué de son propre argent – 150 000 $ – dans un camion, celui de Nourcy. Ce n’est pas la première fois que le peu subtil dirigeant commet de telles inepties. Pensons à Jean-Guy Sylvain, un homme d’affaires qui a pourtant brillamment réussi à relancer le Concorde. Ou aux frères Rémillard de V, à qui Labeaume avait dit qu’ils n’étaient pas les bienvenus à Québec.

Ou encore à Target, dont la fermeture, qui avait poussé au chômage plusieurs travailleurs de notre région, avait été comparée à une simple fermeture de pizzeria. Un politicien qui ferme effrontément la porte à des gens d’affaires indépendants financièrement, c’est carrément scandaleux! Ce troublant comportement erratique du maire Labeaume est perturbant et inquiétant. Mais il en dit moins sur sa personnalité que sur l’équilibre des forces à l’hôtel de ville. Un tel dérapage n’est rendu possible que par une opposition incompétente et inefficace. Une opposition vigoureuse et alerte ne permettrait pas de telles intoxications verbales et de tels écarts de conduite. Souhaitons qu’un jour, les élites de Québec saisissent la nécessité de plancher sur la planification d’un après-Labeaume.