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Le bon grain et l’ivraie

Female physiotherapist training with man
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Je vous ai déjà dit que j’adorais mon métier de physiothérapeute? En effet, depuis plus de trois décennies maintenant, la passion du début a évolué et s’est transformée progressivement en habitudes agréables. Rencontrer les gens, les écouter, les rassurer, leur expliquer leurs problèmes et discuter avec eux sont quasiment un privilège. La majorité des gens du public sont très avenants et en échangeant avec eux, on s’aperçoit qu’ils peuvent nous apporter beaucoup. Certains, par contre, peuvent nous faire suer...

En clinique privée, nous avons souvent à intervenir avec la clientèle des accidentés du travail ou de la route. La plupart du temps, les rencontres sont cordiales et honnêtes.

Pas de rechute

M. Tremblay est un travailleur de la construction. La semaine dernière, en soulevant un lourd morceau de bois, il a immédiatement ressenti une forte douleur lombaire. Incapable de poursuivre son travail, il se dirige à l’urgence. Le médecin le réfère ensuite en physiothérapie suite à un lumbago, pour une évaluation musculo-squelettique complète et une série de traitements appropriés.

Après trois semaines de thérapie intensive et d’exercices spécifiques, M. Tremblay a pu reprendre son travail sans difficulté et sans rechute. Tout a bien fonctionné!

M. Côté, échafaudeur, est tombé sur le sol d’une hauteur de deux mètres. Sa tête ayant frappé légèrement le sol, il se plaint de raideurs dans le cou. À l’urgence, son médecin a diagnostiqué une entorse cervicale après des examens objectifs minutieux. M. Côté aussi est dirigé en physiothérapie pour y recevoir des soins pertinents.

Après six semaines de traitements, la condition de M. Côté ne s’améliore pas et d’autres examens d’imagerie médicale sont demandés. Ces derniers ne démontrent pas de fracture ni de lésions discales, ligamentaires ou musculaires. Une série d’infiltrations locales est proposée, mais ne donne aucun résultat durable.

Six mois après l’accident, M. Côté rencontre un orthopédiste pour une évaluation médicale approfondie. Le spécialiste conclut que M. Côté ne présente aucune lésion neuro-musculo-squelettique et qu’il est apte à retourner au travail.

Comédiens et fraudeurs

Selon certaines sources, les comédiens ou les fraudeurs qui abusent des congés de maladie sont réels, mais ils sont quand même marginaux. Cependant, ils représenteraient environ 10 % des coûts de réclamation.

Les physiothérapeutes et les médecins ont dans leur coffre d’outils quelques tests pour débusquer les fraudeurs. Certains sont effectués lors de l’évaluation et peuvent amener le praticien à pousser plus loin les examens et semer quelques doutes sur la condition réelle du patient.

Malheureusement, certains travailleurs, pour de nombreuses raisons, étirent leur période de réadaptation. La recherche de gains secondaires, des travaux à la maison, une période de chasse, un travail non valorisant et d’autres motifs peuvent inciter la nature humaine à profiter du système. Il ne faut jamais aussi oublier de tenir compte de la condition psychologique du patient. Il est bien entendu que le bénéfice du doute est toujours donné à la personne. Cependant, certaines situations méritent d’être signalées, car elles coûtent cher à la société.

Il peut arriver aussi que des professionnels et des cliniques montrent à l’occasion un laxisme ou un intérêt financier à allonger la thérapie. Eux aussi doivent être remis en question...

Bienvenue à tous, les accidentés et autres...

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