/news/currentevents
Navigation

​Le Centre Jardin Hamel rasé par les flammes

Coup d'oeil sur cet article

Plus d’une centaine d’animaux ont péri, lundi matin, dans un incendie d’une rare ampleur qui a complètement détruit le Centre Jardin Hamel, à L’Ancienne-Lorette, un vieux bâtiment que les propriétaires ont déjà l’intention de reconstruire ce printemps si possible.

C'est un cuisinier du resto-bar voisin, Luc Plamondon, qui a composé le 9-1-1 à 4 h 33 lundi matin. «J’ai vu des flammes sortir de l’entretoit» et le feu se propager à une vitesse folle. La partie sud-ouest du bâtiment principal, près de la première serre, semble avoir brûlé en premier.

Luc Plamondon, le cuisinier du resto-bar voisin du Centre Jardin Hamel qui a composé le 9-1-1, a partagé ses photos avec Le Journal.
Photo courtoisie, Luc Plamondon
Luc Plamondon, le cuisinier du resto-bar voisin du Centre Jardin Hamel qui a composé le 9-1-1, a partagé ses photos avec Le Journal.

L’un des deux copropriétaires, Jean-Paul Daoust, a vu de ses yeux l’entreprise qu’il a achetée en 2012 être réduite en cendres. «Je me suis fait réveiller à 5 h ce matin, j’étais ici à 5 h 15. C’est sûr que c’est un choc, un peu, mais c’est la vie. Y’a des animaux, mais au moins, il n’y a pas d’humains de blessés.»

«Une institution»

«Le Centre Jardin Hamel c’est quand même une institution à Québec, l’un des pionniers. Notre intention est vraiment de reconstruire, pour que les employés recommencent à travailler le plus vite possible», annonce-t-il déjà. Selon lui, le bâtiment est une perte totale et il faudra tout refaire à neuf, ce qui représente un investissement de plusieurs millions de dollars.

Au plus fort de la saison, entre avril et juin, environ 75 personnes y travaillent. Très émus, plusieurs de ces employés se sont rassemblés autour d’un café au restaurant à côté. M. Daoust ignore encore ce qui leur arrivera d’ici la reconstruction.

Photo Le Journal de Québec, Pierre-Olivier Fortin

En saison creuse, le Centre accueillait ces jours-ci Papillons en Fête et Educazoo. Animaux et insectes ont tous péri, à l’exception de quatre animaux, deux rats, un chinchilla et un reptile qui ont été tirés des flammes.

Photo Le Journal de Québec, Pierre-Olivier Fortin

Pas moins de 140 animaux (serpents, mygales, tortues, lézards, grenouilles, petits mammifères, etc) ont péri dans l’incendie. «On perd une bonne partie de nos collègues de travail», regrette Jean-François Martel, d’Éducazoo Québec, une entreprise qui expose des animaux exotiques pour amuser et informer les gens lors d’événements. Ils avaient mis toute la gomme aux Jardins Hamel, si bien que 98 % des animaux y sont passés.

Un perroquet, c’est souvent 1500 ou 2000 $. Un lézard comme son varan à gorge noir? M. Martel en a vu un «tout petit» à 1500 $. En argent, cela représente plus de 20 000 $ au total et ces animaux ne sont pas assurables.

Mais la perte se calcule davantage en temps et en émotions. «C’étaient nos collègues, notre quotidien, c’est avec eux qu’on gagnait notre pain et payait notre loyer.»

Parmi les morts, plusieurs animaux «de collection». Leur lézard avait une belle envergure après quatre ou cinq ans. Certains animaux étaient de vrais spécimens après sept ou huit ans de bons soins. Les nouveaux seront tout petits. «Et ça ne veut pas dire qu’ils vont être fins et qu’ils vont vouloir aller voir le monde et aimer l’expérience», expose-t-il. Des années de travail et de pratique sont souvent nécessaires. «Ce n’est pas évident de prendre un serpent et de le mettre autour du cou d’un enfant de trois ans. Il faut avoir confiance.»

Aujourd'hui c'est une journée difficile pour moi, ÉducaZoo et tous mes collègues de travail. Nous avons perdus plus d'...

Posté par Catherine Provençal sur lundi 7 mars 2016


Sur la défensive

Les pompiers ont été sur la défensive dès le début de l'opération. Les premiers arrivés sur les lieux ont été en mesure d'entrer dans le bâtiment et de s'assurer que personne ne s'y trouvait, mais ils ont dû battre en retraite très rapidement.

Très tôt, les pompiers ont arrosé abondamment les huit serres situées derrière dans l’espoir de les sauver, mais ce fut peine perdue. Vers 7 h 30, soit plus de trois heures après le déclenchement de l’incendie – dont la cause n’est pas encore connue –, les flammes ont repris de la vigueur parce qu’une partie du toit goudronné s’est effondrée.

Un autre gros morceau est tombé vers 8 h, compliquant beaucoup le travail des pompiers qui tentaient de combattre des foyers d'incendie dans le sous-sol du bâtiment, indique Annie Marmen, porte-parole des pompiers.

Ils ont demandé une pelle mécanique pour dégager les débris et ainsi pouvoir continuer à travailler. Le véhicule s’est frayé un chemin à travers les serres démolies. Plus de cinq heures après le début de l’incendie, un panache de fumée se dégage encore de l’immeuble. Les pompiers ont déclaré «l’aggravation improbable» vers 9 h 30. L'incendie était maîtrisé vers 11 h 40, soit plus de sept heures avant le premier appel au 9-1-1.

Au plus fort de l’incendie, une soixantaine de pompiers étaient sur les lieux. L’effectif a été réduit à une quarantaine, vers 10 h. Ils ont quitté les lieux en début d’après-midi. Personne n'a été blessé dans l'incendie. Le boulevard Hamel a été fermé tout l’avant-midi.

Le Centre jardin Hamel

  • Fondé en 1969
  • 75 employés au printemps

L’incendie :

  • 7 heures de combat pour les 60 pompiers
  • 140 animaux morts (serpents,mygales, tortues, lézards, grenouilles, petits mammifères, etc.) en plus des papillons
     

CE QU’ILS ONT DIT

«Il y a d’excellents employés dans ça, des employés que j’ai formés, en partie.»
— Le fondateur Gaëtan Hamel

«[Les animaux], c’était nos collègues, notre quotidien, c’est avec eux qu’on gagnait notre pain et payait notre loyer.»
— Jean-François Martel, ÉducaZoo

«Nous [les] aimions plus que tout. Ils étaient nos compagnons et nos collègues de travail. Ils portaient tous un noms et ils n'étaient pas quelconque. C'est un énorme deuil que nous devons vivre.»
— Catherine Provençal, employé d’ÉducaZoo

«J’étais ici à 5h15. C’est sûr que c’est un choc, un peu.»
— Le copropriétaire Jean-Paul Daoust