/news/society
Navigation

La Commission de toponymie reconnaît la sous-représentation des femmes

Gabrielle Roy
JMTL L'auteure Gabrielle-Roy.

Coup d'oeil sur cet article

L’Histoire précédant les luttes féministes des années 70 et 80 a eu la fâcheuse manie de s’écrire démesurément au masculin, et la Commission de toponymie du Québec reconnaît la «sous-représentation» du genre féminin. N’empêche, les femmes ont quand même une certaine place.

L’Histoire précédant les luttes féministes des années 70 et 80 a eu la fâcheuse manie de s’écrire démesurément au masculin, et la Commission de toponymie du Québec reconnaît la «sous-représentation» du genre féminin. N’empêche, les femmes ont quand même une certaine place.

«La sous-représentation des noms de femmes dans la toponymie est observée, notamment depuis les années 1980», indique la conseillère en communications Julie Létourneau. La Commission, par contre, n’a aucune statistique à cet effet.

«Les comités de toponymie des municipalités sont sensibles à cette problématique; les opérations d’harmonisation des noms de voies de communication, qui ont suivi les fusions du début des années 2000, ont permis d’attribuer plusieurs noms de femmes à des voies de communication», poursuit-elle.

Parmi les toponymes féminins, les Filles du roi, les grandes auteures, les militantes et les politiciennes ont une certaine place dans les noms de rues et les noms géographiques qu’on prononce tous les jours. Tour d’horizon.

Auteures et journalistes

Le nom de la Franco-manitobaine Gabrielle Roy est l’un de ceux qu’on lit le plus souvent dans les toponymes du Québec. L’auteure de Bonheur d’occasion apparaît à 23 reprises. Germaine Guèvremont, à qui l’on doit Le Survenant, arrive en deuxième place avec 14 mentions, suivie par Judith-Jasmin, la première femme correspondante à l’étranger pour Radio-Canada. Les prix Judith-Jasmin sont les plus prestigieux du Québec dans le monde du journalisme.

Les auteures et journalistes et leur nombre de toponymes

Gabrielle Roy: 23

Germaine Guèvremont: 14

Judith Jasmin: 10

Laure Gaudreault: 6

Jeanne Sauvé: 5

Simonne Monet-Chartrand: 3

Alice Parizeau: 2

Lizette Gervais: 2

Solange Chaput-Rolland: 1

Militantes et politiciennes

Au plus fort du mouvement féministe, dans les années 80, la Commission de toponymie a donné des noms de femmes marquantes à plusieurs entités géographiques, et souvent des monts. Trois exemples : le Mont Thérèse-Casgrain dans Charlevoix, le Mont Lily-Butters en Estrie et le Mont Irma-LeVasseur, à Québec, entre Charlesbourg et Saint-Émile. Cette dernière est une pionnière dans le monde de la médecine au Québec. Elle a participé à la fondation de l’hôpital Sainte-Justine à Montréal et mis sur pied l’hôpital de l’Enfant-Jésus à Québec, qui était au départ un hôpital pour enfants.

Filles du Roi

À la fin du 17e siècles, 800 femmes envoyées par Louis XIV ont traversé l’Atlantique pour prendre mari dans la colonie. Leur apport est inestimable pour la Nouvelle-France. Elles étaient éduqués et ont transmis leurs connaissances à leurs nombreux enfants. Très nombreux en fait, puisque la population de la colonie a plus que doublé en 10 ans...

14 toponymes de Filles du Roi

Boulevard Anne-Le Seigneur, Chambly

Lac Ariot, Saguenay–Lac-Saint-Jean

Rue Beauregard, Québec

Rue Catherine-Isambert, Québec

Rue Françoise-Encelin, Québec

Rue Françoise-Hobbe, Trois-Rivières

Rue Gabrielle-D'Anneville, Québec

Rue Isabelle-Aubert, Québec

Rue Isabelle-Doucinet, Québec

Rue Jeanne-Burel, Québec

Rue Marie-Boulard, Boucherville

Rue Marie-Brière, Québec

Rue Marie-Briot, Verchères

Lac Vansèque, Lac-Walker (Côte-Nord)

Vous pouvez participer à notre sondage ci-dessous.