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La vie d'un meurtrier teintée par les témoins de Jéhovah

André Roy en février 2000.
Photo d'archives, Le Journal de Québec André Roy en février 2000.

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Condamné à la prison à vie en décembre 2000, le meurtrier de Victor Lemay a pris la parole pour la première fois de sa vie, dans le cadre de sa révision judiciaire, après 16 longues années de silence.

S’exprimant très bien et de façon posée, André Roy, 38 ans, a commencé à raconter, mardi, aux membres du jury la lourde dot que lui avait apportée une enfance passée au sein des témoins de Jéhovah, dont ses parents étaient de fervents adeptes.

«Moi, j’habitais à Sainte-Croix de Lotbinière, un petit village blanc catholique et, parce que mes parents étaient des Témoins, nous étions les étranges du village», a raconté l’homme aux membres du jury composé de dix hommes et deux femmes.

Réservé, timide, mésadapté, André Roy a raconté qu’enfant, il était toujours celui qui «se tenait en arrière» et qui «regardait par terre».

À 14 ans, il fait ce qu’il appelle «sa 1re tentative de suicide franche». Il s’est pendu au bout d’une corde dans un boisé. Difficilement, il raconte s’être «sorti de là» et ne pas en avoir parlé parce que chez les témoins de Jéhovah, poser ce geste n’était pas bien vu.

«Les troubles mentaux chez les Témoins, c’est peu ou pas compris. Les dépressions, c’est la preuve que l’on manque de foi», a-t-il ajouté.

À bout de souffle et à bout d’espoir, il a commencé à consommer alcool et drogue, une «mauvaise solution» pour répondre à un «problème grandissant».

Exclusion

Roy ayant été exclu des témoins de Jéhovah, ses parents ont choisi, selon ses termes, de le «renier» et son père lui a demandé de quitter la maison. Un jour, il a croisé sa mère dans la rue... elle l’a ignoré.

«À l’époque, les préceptes religieux de ma mère étaient plus forts que son instinct maternel, mais ça m’a détruit», a-t-il dit en essuyant quelques larmes.

Le trouble obsessionnel compulsif violent s’est installé. Une obsession qu’il a qualifiée par l’envie de se faire mal à soi-même ou encore de faire mal aux autres.

«Je me faisais peur parce que pour les Témoins, ceux qui ne le sont pas sont mauvais... et comme je ne l’étais plus, dans ma tête à moi, j’étais devenu mauvais», a-t-il conclu.

André Roy, 38 ans
 
27 novembre 1999 - Il assassine Victor Lemay
14 février 2000 - Il est accusé de meurtre au 1er degré
20 décembre 2000 - Il est condamné à purger une peine à perpétuité

  • Éligible à la semi-liberté le 14 février 2022
  • Éligible à la liberté totale le 14 février 2025