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Audiences du BAPE sur le projet Énergie Est: pas à l'abri d'un séisme majeur

Le président Joseph Zayed n’apprécie pas les réponses différées lors des audiences du BAPE.
Photo Jean-François Racine Le président Joseph Zayed n’apprécie pas les réponses différées lors des audiences du BAPE.

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Les craintes d'un bris du pipeline en raison d'un tremblement de terre de forte intensité ont animé une partie des échanges mercredi, lors de la troisième journée des audiences du BAPE sur le projet d’oléoduc Énergie Est.

«Jusqu'à une magnitude de combien à l'échelle de Richter votre pipeline pourrait-il résister lors d'un tremblement de terre ?», a demandé Marie Durand.

«Il n'y a pas vraiment de chiffres. Il n'y a aucun pipeline qui a eu des problématiques», a répondu le promoteur du projet.

Le président Joseph Zayed n'a pas semblé satisfait des explications fournies.

L'ingénieure Nadia McCarthy, de TransCanada, a répété qu'il n'y avait aucune faille active le long du tracé et aucun cas de rupture en Amérique du Nord en raison d'un séisme.

La soirée portait précisément sur les caractéristiques techniques du pipeline et des installations, ainsi que l'ntégrité des pipelines.

«TransCanada s'en sort plutôt bien même si on entend que les verts. Nos membres ne sont pas contre l'environnement, au contraire», a commenté un représentant des des tuyauteurs et soudeurs, des travailleurs qui aimeraient obtenir des contrats.

«Je ne suis pas satisfait de la présentation», a ajouté Charles Coocoo, un membre de la nation atikamekw originaire de Wemotaci.

L'eau et la santé

En début de séance, le président Zayed a mentionné qu'il n'appréciait pas les réponses différées. «Ça bloque la discussion.» De plus, le risque faible souvent invoqué par le promoteur du pipeline n'est pas suffisant selon lui.

«Personne n'avait prévu la crise du verglas», a-t-il mentionné pour justifier son insistance.

Parmi une foule calme et moins nombreuse hier soir, une propriétaire riveraine a dit craindre d'être expropriée pour la deuxième fois, elle qui vit maintenant près de la rivière Etchemin.

«Je m'attends encore à ça», a-t-elle expliqué, sans toutefois vouloir être identifiée.

Dans une décision rendue en 2010, des propriétaires ont subi un cuisant revers lorsque que la Cour supérieure a confirmé le droit d’exproprier des propriétaires qui protestaient depuis six ans. Ultramar a ainsi pu poursuivre la construction d’un pipeline entre Lévis et Montréal-Est.

Les audiences se poursuivent jeudi. Les séances devraient être très suivies puisque les scénarios potentiels de déversement de pétrole sont prévus à l'horaire, ainsi que les impacts potentiels sur l'approvisionnement en eau potable et sur la santé.