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Les taxis ne croient pas qu’ils en auront pour leur argent

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Sceptiques, les chauffeurs de taxi de Montréal ne croient pas que le gouvernement offrira un prix honnête pour racheter leurs permis, certains ayant payé le leur plus de 200 000 $.

«Tant qu’on ne sait pas à quel prix le gouvernement va racheter les permis, on ne peut pas se réjouir», dit Pierre Boyer, chauffeur pour Taxi Rosemont.

« Poudre aux yeux »

Tous les chauffeurs interrogés trouvent que le plan annoncé par le ministre Daoust jeudi est trop flou pour qu’ils crient victoire.

Ils estiment qu’ils seraient perdants s’ils devaient revendre leur permis au gouvernement pour quelque 184 000 $, leur valeur approximative sur le marché selon l’évaluation de la Commission des transports du Québec en septembre dernier.

Par exemple, Nacim Guenane raconte avoir acheté son permis 205 000 $ il y a deux ans. Depuis l’arrivée d’Uber, la valeur n’a cessé de chuter.

«J’ai perdu environ 50 000 $, et c’est sans compter l’inflation et les intérêts», déplore M. Guenane, qui ne croit pas pouvoir revendre son permis pour plus de 150 000 $.

Les taxis devraient être dédommagés pour les pertes encourues, que ce soit par le gouvernement ou par Uber, juge Hassan Kattoua. «Après, on pourra parler», dit le chauffeur-propriétaire.

«C’est de la poudre aux yeux», s’exclame de son côté Hélène Boissy, également propriétaire de permis. Selon elle, beaucoup seraient prêts à se départir de leur permis si le gouvernement offrait de le racheter à 250 000 $.

Mais elle ne croit pas à ce scénario. «Le gouvernement veut donner le monopole du taxi à de grosses compagnies pour un prix dérisoire», soupçonne Mme Boissy.

Questionnements

Outre le prix de rachat, beaucoup de questions restent en suspens. Le gouvernement imposera-t-il à Uber les mêmes règles qu’aux taxis? Les chauffeurs Uber devront-ils se munir d’une assurance commerciale? se demande Benoît Jugand, porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos. Et qu’adviendra-t-il des chauffeurs qui ne respecteront pas les nouvelles règles? «Si on ne fait rien contre le transport illégal, on n’a pas réglé la problématique», dit M. Jugand.

Les chauffeurs croient que Québec fait un pas dans la bonne direction en exigeant que les chauffeurs Uber aient un permis, mais ils restent pessimistes.

«Uber ne voudra jamais, jamais se plier à ça», avance M. Boyer.