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Médicaments génériques: des économies de 150 millions$ par an

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Un processus d'appel d'offres pour les médicaments génériques couverts par le régime public pourrait faire économiser jusqu'à 150 millions$ par an au gouvernement québécois, estime le professeur Marc-André Gagnon.

«On paie très cher nos médicaments. De 2000 à 2012, l'évolution des coûts des médicaments a augmenté de 96% per capita, au Canada, et de 107% au Québec. En comparaison, la croissance des coûts a été de 55% en France et de 36% au Danemark, où l'on retrouve des régimes publics universels efficaces», a illustré, jeudi, le professeur Gagnon aux audiences publiques sur le projet de loi 81.

Rattaché à l'Université Carleton, à Ottawa, cet expert s'est exprimé à titre personnel par vidéoconférence. «Au Québec, on fait pire que dans le reste du Canada. Ce n'est pas soutenable. Le régime actuel ne survivra pas à terme. Il faut s'inspirer des meilleures pratiques à l'étranger. Les appels d'offres pour les médicaments génériques ont amené des économies entre 28% et 64% en Allemagne et en Nouvelle-Zélande, notamment», a fait valoir M. Gagnon.

Selon ce dernier, le processus d'appel d'offres est un outil important parmi d'autres afin de contenir les coûts des médicaments. Le gouvernement doit prévoir des paramètres clairs afin d'assurer des approvisionnements sécuritaires, a-t-il précisé.

Les arguments du professeur Gagnon ont visiblement plu au ministre Barrette, qui avait jusque là surtout essuyé les critiques de l'industrie pharmaceutique.

Crainte des monopoles

Pour sa part, la Coalition priorité cancer au Québec ne s'oppose pas aux appels d'offres pour réduire les coûts, mais elle demande de ne pas accorder de contrats d'exclusivité d'approvisionnement et de distribution des médicaments, par crainte de monopoles et de pénuries.

«On veut que les médicaments anticancéreux ne soient pas soumis aux appels d'offres. Afin de réduire les coûts, on demande aussi d'examiner l'usage des médicaments, la pertinence des ordonnances et leur suivi», a soulevé le porte-parole de la Coalition, Serge Dion.

L'organisme a souligné qu'entre 2008 et 2013, le volume d'ordonnances a explosé de 80% au Québec, alors que la quantité de comprimés et la durée des ordonnances ont diminué de 57%.

«Chaque professionnel semble y trouver son compte, celui qui prescrit, comme celui qui vend le médicament. Le patient et la population n'ont qu'à payer», a argué la Coalition.

Prudence

Le Commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, n'est pas contre des appels d'offres, mais il invite le gouvernement à la prudence. Il juge également qu'une nouvelle politique du médicament s'impose.

«La forte croissance des coûts est préoccupante. Il y a un fort potentiel d'économies à toutes les étapes de la chaîne pharmaceutique», a soulevé M. Salois, rappelant que huit médicaments sur dix sont utilisés de façon inappropriée.