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Les audiences du BAPE laissent plusieurs questions sans réponse

Jean Gosselin, producteur agricole de Lévis.
PHOTO DIANE TREMBLAY Jean Gosselin, producteur agricole de Lévis.

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Les «chances» d’un déversement de pétrole d’importance dans la rivière Etchemin sont évaluées à 1 sur 1,5 million d’années, selon le promoteur TransCanada, qui n’a toutefois pas été en mesure de décrire sa méthode de calcul pour arriver à ce résultat.

Au lendemain de la description du pire scénario possible, TransCanada a voulu se faire rassurante en affirmant que les risques d’une rupture complète du pipeline dans la rivière Etchemin étaient peu élevés, même s’ils ne peuvent pas être totalement écartés.

Par suite de cette révélation, le président de la commission, Joseph Zayed, a voulu en savoir plus sur la méthode de calcul utilisée pour arriver à une chance sur 1 585 676 ans, très exactement.

Toutefois, comme elle l’a fait à de nombreuses reprises, TransCanada a demandé plus de temps pour fournir une réponse.

Les probabilités avancées par la société, spécialisée dans le transport de pétrole, n’ont pas réussi à rassurer les citoyens qui ont pris la parole au cours de cette 5e journée d’audience publique.

«Si les compagnies d’assurance fonctionnaient à partir de scénarios basés sur l’impossibilité de défaillance technique ou d’erreurs humaines, il y en a beaucoup qui fermeraient leurs portes», a lancé une participante.

Pour sa part, l’Association des propriétaires privés, agricoles et forestiers s’est dite très préoccupée par le fait que le pétrole puisse emprunter les réseaux d’irrigation pour s’échapper encore plus rapidement dans les cours d’eau.

«C’est très efficace le drainage agricole au Québec. Partout où il y a des terres agricoles, il y a du drainage souterrain. Quand vous avez un coup d’eau, cette eau est évacuée rapidement vers les rivières, de la même façon que le pétrole va s’échapper», a dit Jean Gosselin, producteur agricole de Lévis.

Par ailleurs, M. Gosselin imagine très mal comment TransCanada pourrait récupérer le pétrole dans les cours d’eau et dans les terres si un déversement devait survenir durant l’hiver.

«Il va couler sous la glace dans les rivières et dans le fleuve. C’est un beau dégât qui nous attend si on laisse aller les choses telles qu’elles.»

TransCanada a préféré garder ses réponses pour la semaine prochaine, alors qu’il sera question des coûts et des méthodes de récupération en cas de déversements terrestres.