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Des fouilles archéologiques au fort Numéro-Trois

Elles débuteront sitôt le bâtiment détruit

Les casemates souterraines du Fort Numéro-3 sont situées sur le terrain de l’ancienne cimenterie désaffectée (photo) sur le boulevard Guillaume-Couture à Lévis.
Photo d'archives Les casemates souterraines du Fort Numéro-3 sont situées sur le terrain de l’ancienne cimenterie désaffectée (photo) sur le boulevard Guillaume-Couture à Lévis.

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Une fois la démolition du fort Numéro-Trois votée lundi soir par le conseil municipal de Lévis, des fouilles archéologiques auront rapidement lieu pour en conserver des artefacts qui seront ensuite exposés sur le site du fort Numéro-Un.

Selon ce que Le Journal a appris, dimanche, d’une source proche du dossier, les fouilles se feront vraisemblablement à partir de cet été et coûteront de 200 000 $ à 500 000 $, financés moitié-moitié par le gouvernement du Québec et par la Ville de Lévis. «Les artefacts seront par la suite exposés et mis en valeur sur le site du fort Numéro-Un grâce à un financement du gouvernement fédéral. Le montant de cet investissement est encore à déterminer», a ajouté notre contact qui a requis l’anonymat.

Samedi, Le Journal révélait qu’une numérisation laser 3D du site a été réalisée l’été dernier. Tout indique que le futur lieu d’expositions permettra aux visiteurs de visualiser les artefacts du fort Numéro-Trois, mais aussi les traces de la conservation numérique des vestiges.

Comme le maire Gilles Lehouillier l’a indiqué jeudi dernier, «le ministère (de la Culture) ne s’opposera pas nécessairement à la démolition» du fort Numéro–Trois. Cela dit, Le Journal a appris que le gouvernement se garde le droit d’interrompre les travaux de démolition dans un cas de figure bien précis.

«Ça va dépendre des objets qu’on va trouver. Si ce sont des artefacts de grande valeur historique, la loi permet de faire arrêter les travaux», a soutenu notre interlocuteur.

En effet, l’article 76 de la Loi sur le patrimoine culturel permet au nouveau ministre Luc Fortin d’ordonner la cessation de travaux — durant 30 jours — lorsqu’il «existe une menace réelle ou appréhendée que soit dégradé de manière non négligeable un bien susceptible de présenter une valeur patrimoniale».

Le GIRAM déçu

Interrogé dimanche par Le Journal, Pierre-Paul Sénéchal, président du GIRAM (Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu), a affirmé que «ce qui est annoncé, ce n’est pas un protocole de sauvetage, mais un protocole de démolition du fort Numéro-Trois. On ne saurait donc s’en réjouir».

Selon lui, la proposition du ministère de la Culture est «insuffisante et non avenue. Le patrimoine historique d’une collectivité ne se résume pas à des artefacts qu’on exposera à l’occasion dans un musée, sous une cloche de verre».

Les trois forts de Lévis

Érigés sur la Rive-Sud du Saint-Laurent par les Britanniques de 1865 à 1872, ils devaient protéger Québec contre une invasion américaine qui n’a jamais eu lieu.

  • Le fort Numéro-Un a été acquis et restauré par Parcs Canada. Il accueille des visiteurs depuis 1982.
  • Le fort Numéro-Deux a été démoli en 1964.
  • Le fort Numéro-Trois ne fait pas partie de la liste municipale des biens patrimoniaux à conserver.