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Bouffée d’oxygène en éducation après des années sombres

Bouffée d’oxygène en éducation après des années sombres
Photo d'archives

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Québec donne un peu d’oxygène au réseau de l’éducation, en investissant des sommes pour rénover les écoles et aider les élèves à réussir, ce qui ne permet toutefois pas de faire oublier les compressions des dernières années, selon les acteurs du milieu.

Après des années de vaches maigres, le réseau de l’éducation voit son budget augmenter de 3% cette année, comparé à 0,9% l’automne dernier.

Pour l’année 2016-2017, les commissions scolaires recevront 221 millions $ supplémentaires, ce qui est bien loin de leurs attentes. En plus de cette hausse de 3%, qui permet de couvrir l’augmentation des coûts du réseau, la Fédération des commissions scolaires réclamait un autre 380 millions $ pour annuler l’effet des compressions des dernières années. Il s’agit toutefois «d’un pas dans la bonne direction», affirme sa présidente, Josée Bouchard.

Du côté de la Centrale des syndicats au Québec, on affirme que le réinvestissement est «nettement insuffisant». «On n’a pas la même définition de ce qu’est une priorité», a lancé sa présidente, Louise Chabot.

L’argent neuf servira à mettre des mesures en place pour lutter contre le décrochage scolaire et à embaucher du personnel pour aider les élèves en difficulté dès le début du primaire. Soixante-dix nouvelles classes de maternelle 4 ans à temps plein en milieu défavorisé seront aussi créées.

Plusieurs de ces mesures ont toutefois déjà été annoncées par le gouvernement Couillard en novembre. De leur côté, les écoles privées doivent se contenter d’une hausse de leur budget de 1,9%.

D’ici trois ans, Québec prévoir investir 500 millions $ supplémentaires pour améliorer la réussite des élèves. Or selon les acteurs du réseau, les compressions des dernières années s’élèvent à 1,4 milliard $ dans les commissions scolaires, les cégeps et les universités.

Des écoles à rénover

Alors que la vétusté des écoles a récemment défrayé la manchette, Québec investit 200 millions $ l’an prochain pour les rénover. Des sommes serviront spécifiquement à la construction de gymnases et d’équipement sportif.

Selon les chiffres gouvernementaux, 30% des écoles sont dans un «mauvais ou très mauvais état». Sur une période de trois ans, le gouvernement Couillard prévoit investir 700 millions $ afin de retaper les bâtiments du réseau de l’éducation, dont 300 millions $ d’argent neuf.

Enseignement supérieur

Dans le réseau collégial, la Fédération des cégeps se réjouit de cet «argent neuf» et des mesures qui permettront d’aider les étudiants. Environ 5 millions $ seront consacrés à la «mobilité étudiante», ce qui permettra d’offrir des bourses pour que les cégépiens aillent étudier en région.

Les universités doivent quant à elle se contenter d’une augmentation de leur budget de 1,7%, ce qui devrait tout de même permettre de couvrir l’augmentation des coûts du réseau selon la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, qui rappelle que les universités ont aussi droit à des mesures pour améliorer la réussite des étudiants.

Dans le réseau universitaire, les réactions sont toutefois mitigées. Par le biais du Bureau de coopération interuniversitaire, les recteurs ont salué ce budget qui marque un «virage important» par rapport aux années antérieures. Mais des regroupements de professeurs, d'étudiants et d'employés ont plutôt dénoncé ce «maigre réinvestissement» qui ne permet pas de donner un réel élan à l'enseignement supérieur, déplorent-t-ils.

Budget 2016-2017 pour l’éducation

Bouffée d’oxygène en éducation après des années sombres
Archives Le Journal de Québec, Pascal Huot

 

  • 200 millions $ pour rénover les écoles et les infrastructures
  • 164 millions $ pour aider les élèves à mieux réussir et lutter contre le dérochage scolaire
  • 3% augmentation du budget pour les commissions scolaires et les cégeps
  • 1,7% augmentation du budget des universités