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Recul sur les frais de garderie, et budget équilibré

Un crédit rétroactif pour 2015, fortement inhabituel, a visiblement été ajouté en catastrophe puisqu’il n’est pas mentionné dans les renseignements additionnels sur les mesures fiscales.

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Alerté par la grogne, le gouvernement Couillard recule partiellement sur la hausse des tarifs de garde, et son budget confirme que la promesse libérale de créer 250 000 emplois est hors de portée.

«Puisque nous avons été capables de bien faire, ça nous a ouvert la porte à la réduction [de la hausse des tarifs de garde]. Je pense que les gens vont bien recevoir un retour d’impôt de Revenu Québec», a lancé le ministre des Finances Carlos Leitao lors de la présentation de son budget 2016-2017, où les journalistes se faisaient plus rares qu'à l'habitude en raison de l’arrestation de l’ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau.

Dorénavant, la hausse des tarifs de garde d’un deuxième enfant sera réduite de moitié. Ce crédit rétroactif pour 2015, fortement inhabituel, a visiblement été ajouté en catastrophe puisqu’il n’est pas mentionné dans les renseignements additionnels sur les mesures fiscales.

Il bénéficiera à 30 000 familles, mais ce ne sera pas une panacée: pour un couple ayant un revenu de 100 000 $, l’économie serait de 292 $, ce qui est bien peu par rapport à une «contribution» de plus d’un millier de dollars.

Les foyers qui ont déjà rempli leur déclaration d’impôt recevront «rapidement» un chèque de Revenu Québec.

Goûter au Fonds vert

Les propriétaires pourront profiter du Fonds vert puisque Québec débloque 170 M$ pour un programme de rénovation devant permettre d'améliorer la fenestration et l’isolation des maisons et de changer les vieilles chaudières au mazout. Avis aux intéressés: la mesure n’est bonne que pour cette année.

Les références au rapport du fiscaliste Luc Godbout brillent par leur absence. Il n’y avait pas de «large consensus» pour baisser les impôts et augmenter les taxes, a affirmé M. Leitao.

Où sont les 250 000 emplois ?

Autre «porté disparu» de ce budget, comme le dit le critique péquiste en matière de Finances Nicolas Marceau: la promesse de 250 000 emplois du gouvernement Couillard. À partir de 2016, la création d’emplois annuelle glisse sous la barre des 30 000. À ce jour, 87 000 emplois ont été créés, selon le ministère des Finances.

Carlos Leitao, toutefois, ne renonce pas à sa promesse, puisqu’il a «espoir» que les cibles seront «plus fortes» que ce qui est inscrit dans son plan économique, un deuxième budget équilibré après plusieurs années de déficit. «Il est fort probable que les choses se passent mieux que ce qui est inscrit dans le budget», a dit M. Leitao, qui s’est montré plus optimiste que ses fonctionnaires.