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Devenir ministre

Mélanie Joly
Photo d'archives

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Comme plusieurs autres, j’adore la politique. J’ai toujours vu le métier de ministre comme un rôle majeur, dévoué et noble. C’est de moins en moins le cas.  

Je ne dis pas que ce n’est pas un métier important, mais je crois que plusieurs personnes qui deviennent aujourd’hui ministres le font d’abord pour eux-mêmes, ne semblent plus habitées par les idéaux et semblent plutôt avoir comme objectif principal d’alimenter le cynisme et le dédain. 

Faire de la politique, ça ne devrait pas être de combler le silence de phrases insensées et de mots incohérents comme l’a fait Mélanie Joly, cette semaine, qui est ministre d’un dossier qu’elle ne connaît vraisemblablement pas du tout, incapable de démêler les concepts linguistiques de base et tentant de combler son manque de connaissance abyssale par des phrases n’ayant ni queue ni tête, tentant de noyer les poissons que nous sommes à l’aide d’un discours qui ferait faire des crises d’angoisse à Grevisse s’il n’était pas déjà mort. 

La politique, ce n’est pas non plus d’être adulé par des admiratrices asiatiques en délire, qui ne connaissent rien des réalisations de Justin Trudeau, mais qui connaissent par cœur sa date de naissance, sa pointure de chaussure et le nom du designer de la robe de sa femme. 

La politique devrait être belle et réussir à attirer des experts de plusieurs dossiers en mesure de les vulgariser pour le grand public. 

Mais pour ça, il faut moindrement savoir de quoi on parle. Ce qui ne semble malheureusement plus être un prérequis pour occuper les plus hautes fonctions de l’État. 

La réalité, c’est que les élus ne font plus partie de l’élite ni n’ont besoin d’avoir effectué de grandes réalisations. Par exemple, Lucie Charlebois, ministre du Parti libéral au Québec, donne des entrevues pitoyables à la radio. Sa maîtrise du français oral est catastrophique. En entrevue à Arcand, cette semaine, elle enfilait encore une fois les perles du type «la chose que je vous parle».

Savoir s’exprimer? Bof, ça ne semble pas être un préalable. On peut devenir ministre avec un CV d’un quart de page en étant incapable de parler adéquatement alors qu’une grande partie de ce travail, c’est de rendre des comptes dans les médias, là où savoir parler est censé être incontournable.

Lorsque nous sommes représentés par une Mélanie Joly, qui semble parler mandarin tellement elle est incompréhensible, ou encore par une Lucie Charlebois qui ne sait pas ce qu’est un pronom relatif, comment faire en sorte que les gens prennent la politique au sérieux si ceux qui nous représentent on l’air de vrais clowns? 

Le plus gros échec de la politique actuelle, c’est de ne plus attirer beaucoup de gens d’envergure, c’est aussi d’être parvenue à n’attirer que des gens qui y sont pour eux-mêmes, et ça, c’est une des pires choses qu’un peuple puisse espérer.