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«Je suis très soulagé»

Le copropriétaire de Réflex Teinte à Québec a subi l’intimidation et les menaces de Yannick Larose, mort abattu à Terrebonne lundi

Yannick Larose, surnommé «le caïd de la vitre teintée», est mort après avoir été atteint de plusieurs projectiles d’arme à feu par un cagoulard, à la façon des règlements de comptes liés au crime organisé, lundi avant-midi, à Terrebonne.
Photo Agence QMI, Sylvain Denis Yannick Larose, surnommé «le caïd de la vitre teintée», est mort après avoir été atteint de plusieurs projectiles d’arme à feu par un cagoulard, à la façon des règlements de comptes liés au crime organisé, lundi avant-midi, à Terrebonne.

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Christian Bouchard, le copropriétaire de l’entreprise de vitres teintées pour véhicules Réflex Teinte à Québec, qui a subi l’intimidation et les menaces de Yannick Larose dès 2007, admet avoir été soulagé en apprenant son décès lundi. 

Surnommé «le caïd de la vitre teintée», Yannick Larose est mort après avoir été atteint de plusieurs projectiles d’arme à feu, lundi à Terrebonne.

«Je ne souhaite pas de mal à personne, mais je suis très soulagé, a réagi M. Bouchard, joint par Le Journal en fin d'après-midi lundi. C’est un grand soulagement, surtout qu’on savait qu’il mettait de la pression pour revenir à Québec.»

C’est en 2007 que M. Bouchard et son frère, Éric, ont commencé à recevoir des appels de Larose, un homme qu’il qualifie «d’impulsif».

Ce dernier, qui ambitionnait prendre le contrôle du commerce de la vitre teintée au Québec, souhaitait acheter leur jeune entreprise. Les deux frères ont toujours refusé.

Yannick Larose
Yannick Larose, surnommé «le caïd de la vitre teintée», est mort après avoir été atteint de plusieurs projectiles d’arme à feu par un cagoulard, à la façon des règlements de comptes liés au crime organisé, lundi avant-midi, à Terrebonne.
PHOTO ARCHIVES LE JOURNAL DE MONTRÉAL

Le 4 avril 2008, Christian Bouchard a eu des doutes quand il a reçu un appel d’un supposé enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ), qui voulait le rencontrer en fin de journée. Vérifications faites, il ne pouvait s’agir d’un policier.

Muni d’une veste pare-balle et l’escouade tactique d’intervention de la police de Québec cachée dans ses locaux, Christian Bouchard a fait face à deux fiers-à-bras, venus sur place pour le tabasser. «C’est sûr que j’y aurais passé (si la police n’avait pas été là)», se rappelle-t-il.

L’arrestation des deux malfaiteurs ce soir-là a été un moment clé qui a permis à la SQ de faire avancer son enquête entourant Larose.

Craintes de représailles

La peur et le stress ont fait partie du quotidien des copropriétaires de Réflex Teinte, de leur famille et même de leurs employés jusqu’à l’emprisonnement de Larose, en 2012.

«Des mois après (les événements d’avril 2008), on a été victimes d’intimidation à la maison. On recevait des coups de téléphone de Mexicains dans la nuit quand Larose était parti au Mexique. Du monde venait nous prendre en photo sur notre terrain pour nous intimider. On vivait de stress», raconte l’entrepreneur.

«Même le soir, plus personne n’allait travailler tout seul, on barrait les portes... On craignait tout le temps des représailles», se souvient l’homme, dont l’entreprise fêtera ses 10 ans dans les prochains jours.