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Le gaz naturel pour aider à rentabiliser les minières

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«Ceux qui ne s’adapteront pas, mourront à petit feu», a dit le président d’ArcelorMittal Exploitation minière Canada à propos des difficultés de l’industrie minière, alors que Québec a confirmé, lundi, une subvention de 4,5M$ pour la réalisation d’un projet-pilote de conversion énergétique au gaz naturel, à l’usine de bouletage de la minière à Port-Cartier.

Le prix du minerai de fer a dégringolé de 70% en 3 ans. «Certains diront que nous avons déjà vécu la même chose dans le passé et que notre industrie va se replacer, mais personnellement, je demeure convaincu que le changement amorcé est plus profond que l’on semble croire. C’est la structure même de notre industrie qui est en mutation», a dit Pierre Lapointe, président d’ArcelorMittal Exploitation minière Canada.

La conversion du mazout lourd vers le GNL (gaz naturel liquéfié) pour une part de son procédé de bouletage, fait partie de la stratégie d’adaptation de l’entreprise aux nouvelles réalités du marché.

Sur 20 mois, on espère que le projet-pilote viendra confirmer une diminution des coûts de production de 10% et des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’utilisation du mazout lourd de plus de 30%.

Le projet évalué à 7M$ sera financé en partie par une subvention de 4,5M$ provenant du Fonds vert a confirmé, lundi, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. Les travaux de conversion de six brûleurs à l’usine de bouletage d’ArcelorMittal à Port-Cartier débuteront ce printemps.

L’approvisionnement en GNL commencera d’ici l’automne. Pour se faire, deux camions-citernes par semaine parcourront le trajet entre l’usine Montréal-Est du fournisseur Gaz Métro et Sept-Îles. «Dans un monde idéal, on aimerait que ce soit par bateau et éventuellement, peut-être, par gazoduc. Mais, ça nous prend plus d’investissements, plus de volume», a expliqué le ministre Arcand, qui croit que le projet d’ArcelorMittal pourrait justement contribuer à stimuler d’autres entreprises à emboîter le pas.

Première mondiale

Si la première phase des travaux est concluante, ArcelorMittal aimerait, lors d’une seconde phase, convertir au GNL 75% des installations de l’usine. Le 25% restant serait activé par un composé de biomasse. La conversion totale de l’usine nécessiterait l’injection d’environ 40M$. La combinaison des deux sources d’énergie pour le fonctionnement de l’usine serait une première mondiale, selon M Lapointe.

D’ici 10 ans, une troisième phase consisterait à vérifier la faisabilité d’acheminer du gaz naturel vers la mine du Mont-Wright, près de Fermont. On convertirait ensuite les équipements miniers diesel de la mine au gaz naturel.