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Je Suis Marine

Je Suis Marine
Daniel Mallard/Agence QMI

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Au cours de la dernière semaine, j’ai eu l’impression que le Québec au complet s’était levé d’une seule voix pour se tenir debout. Pour appuyer la Belgique ? Si, un peu, mais je parlais surtout du FCCMLP, le Front commun contre Marine Le Pen.

De la poignée de masqués qui est allé la chahuter à l’hôtel en passant par tous les politiciens d’ici qui ont refusé de rencontrer ce dignitaire étranger, on aurait cru que Marine Le Pen portait la peste en elle.

Manifester son désaccord est démocratique. Empêcher quelqu’un de s’exprimer est du terrorisme intellectuel.

On a décrié Marine Le Pen jusque pendant le gala du cinéma sans-nom-parce-qu’il-portait-celui-d’un-pédophile-que-la-communauté-artisitique-a-couvert-pendant-des-décennies.

C’est pas ironique ça, les amis? La même communauté qui savait pour les gestes de Claude Jutra dénonce une politicienne à cause de ses idées. Oui, cher milieu artistique, tu es pas mal plus tolérant que Marine, c’est le moins qu’on puisse dire.

Je vous écris ça mais dans le fond, je m’en balance sincèrement de Marine Le Pen. Je ne commenterai pas ce qu’elle a à dire.

Que fait un enfant qui ne veut pas entendre? Il se bouche les oreilles, il crie, il s’agite, en espérant que le message disparaîsse. Le Québec agit de plus en plus ainsi. On se targue d’ouverture mais ce qu’on voudrait surtout c’est que la personne avec laquelle on n’est pas d’accord se la ferme, définitivement si possible.

J’ai même lu une animatrice de talk show de Radio-Canada demander qu’on ne donne pas de temps d’antenne à Le Pen le 22 mars, jour des attentats à Bruxelles. Pardon? Tu animes un talk show à la société d’état et tu demandes à ce qu’on ne reçoive pas une politicienne dont le propos est on ne peut plus d’actualité (le Front National parle beaucoup d’immigration et d’intégration) ? Si j’étais ton patron, je me poserais de sérieuses questions.

Il y a moins de 18 mois, tout le monde était Charlie. Douze êtres humains venaient d’être tués parce que d’autres jugeaient que ce qu’ils avaient à dire n’avait pas sa place. Même si ce n’était qu’une caricature grossière dans un journal peu lu. C'est pour dénoncer ça qu'on était Charlie. Pour confronter la censure, pour mettre de l'avant notre liberté de parole. Parce qu'entendre n'est pas cautionner.

Désolé de te l’apprendre mais si tu ne peux pas dire Je Suis Marine, tu n’es pas Charlie et tu ne l’as jamais été.

Si tu ne peux pas écrire Je Suis Mike Ward, tu n’es pas Charlie. Ou Je Suis la radio de Québec. Ou Je Suis Mailloux. Ou Je Suis Fillion. Et oui, ça inclut Je Suis Charkaoui.

Comment s’instruire si l’on se cache ? Comment éclairer un propos si on le garde dans l’obscurité ? Comment se faire une tête soi-même si les gens fermés t’empêchent d’entendre le message ? Pour toutes ces raisons, Je Suis Marine et Mike et Éric et des centaines d’autres. Je suis, j’écoute et ensuite je pose mon propre jugement, pas celui dicté par les autres.