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Des enfants trop anxieux

Sad little girl sitting on a floor
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C’est l’heure de se préparer pour aller à l’école, mais Gabrielle se sent mal. Elle est couverte de sueur. Première de classe, elle a peur d’échouer à son examen. Antoine lui, c’est avant d’aller à sa compétition sportive: il a tellement peur de ne pas gagner (et pourtant il est très performant!) qu’il en a mal au cœur jusqu’à en vomir. Leur point commun: l’anxiété de performance et des parents qui ne savent plus quoi faire.

Paradoxalement, l’anxiété de performance se retrouve souvent chez les jeunes qui sont très performants, compétitifs et extériorisent peu leurs émotions.

Contrairement à la croyance populaire, l’anxiété de performance n’est pas nécessairement la conséquence d’un parent qui met de la pression à son enfant pour qu’il réussisse. C’est beaucoup plus complexe. Un manque de confiance en soi ou le sentiment de ne rien valoir d’autre qu’un résultat performant peuvent suffire.

Il peut s’agir aussi d’un jeune qui se met de la pression pour être «le» meilleur et qui n’accepte pas de perdre ou qui est pris dans une rivalité intérieure.

La cause peut aussi être liée à un moment de vulnérabilité pour un jeune qui est submergé par un trop-plein d’activités et est incapable de les gérer.

Quelques trucs

Dans un premier temps, le parent peut aider en écoutant son enfant sans chercher à le convaincre qu’il n’a pas à s’en faire ou que ce n’est pas grave. L’écouter en le questionnant sur ce qui l’inquiète.

Dans un deuxième temps, il faut lui donner des outils pour dédramatiser les choses. Dites-lui que vous comprenez que l’échec pourrait être «plate» pour lui en ayant une attitude calme, de confiance, sans panique. Si vous devenez anxieux ou exigeant vous-même, c’est peut-être sur cet aspect qu’il vous faudra travailler... Attention aux exigences et aux critiques envers vous-même, car vous êtes le premier modèle pour votre enfant.

Il faut surtout ne pas lui mettre de pression supplémentaire pour qu’il réussisse mieux. Éviter les critiques ou les phrases assassines. Demandez-lui plutôt ce qu’il trouve de bon dans ce qu’il a fait.

Il faut aussi s’assurer qu’il n’a pas peur de décevoir quelqu’un, un parent, un coach, un enseignant ou lui-même.

Le parent doit aussi se garder de faire les devoirs ou les efforts à la place de l’enfant, ce qui pourrait être une tentation facile pour le parent efficace qui voit son enfant «souffrir». Le but est plutôt de rendre son enfant autonome et qu’il ait confiance en ses capacités, et non de lui donner le sentiment d’être petit et incapable par rapport à son parent «grand et fort».

Chose difficile, les parents doivent entretenir un dialogue ouvert et communiquer le même message.

Par exemple, si la mère écoute l’enfant et répond à ses demandes et que le père trouve qu’il faut «casser» ce comportement, cherchez ensemble le moyen de mettre des limites sans être trop permissifs ni trop exigeants.

Conséquences physiques

Quand les symptômes physiques persistent et que l’enfant souffre, il est préférable d’en parler à son médecin afin qu’il évalue la possibilité d’un autre trouble physique ou ­psychologique et qu’il fasse le bon diagnostic.

Et si l’enfant souffre, que ça prend toute la place dans sa vie, que ça l’empêche de fonctionner et qu’il veut que ça change, il peut toujours voir un psychologue pour l’accompagner dans son cheminement.

N’oubliez pas que l’anxiété est d’abord et avant tout une émotion, que l’enfant ou l’adolescent peut apprendre à surmonter en construisant son estime de soi.


  • La psychologue Nathalie Parent a publié des ouvrages sur l’éducation des enfants.