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L’urgence d’appeler un chat un chat

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Ce qui ressort le plus après les attentats de Belgique cette semaine est la formidable désorganisation des forces policières ainsi que la difficulté pour les leaders politiques d’agir sur l’islamisme de manière globale.

Les lacunes et des incohérences apparaissent dans le manque de coopération entre les forces policières européennes et dans les errements des stratégies d’alliance au Proche et au Moyen-Orient. Plusieurs dirigeants européens, de crainte de froisser certaines catégories d’électeurs, continuent à utiliser des termes vagues. Il y a urgence de s’entendre sur les bons termes et sur les vrais ennemis.

1. Contre qui nous battons-nous ?

L’ennemi est l’État islamique. On peut bien lui refuser le titre d’État en bonne et due forme, mais c’est le nom qu’il se donne lui-même. Il faut refuser de l’appeler par divers autres acronymes. Pourquoi ? Parce qu’il existe d’autres États islamistes. En fait il faudrait l’appeler l’État islamiste d’Irak et de Syrie.

2. Contre quoi nous battons-nous ?

L’État islamique est fondé sur une idéologie totalitaire qui est partagée par d’autres États. Les dirigeants de l’État islamique d’Irak et de Syrie ne reconnaissent pas les pouvoirs monarchiques. À cette l’exception près, il n’existe que des différences de degré entre l’idéologie de l’État islamique et de celle de l’Arabie saoudite. De même, les mollahs iraniens font la promotion d’un système totalitaire qui ressemble beaucoup à celui de l’Arabie Saoudite. Appelons un chat un chat. L’ennemi, c’est l’idéologie religieuse totalitaire islamiste.

3. Est-ce que le problème de terrorisme islamiste sera réglé avec la fin de l’État islamique d’Irak et de Syrie ?

Imaginons un monde débarrassé de l’État islamique d’Irak et de Syrie. Serions-nous au bout de nos peines? Pas du tout. Les mêmes réseaux religieux totalitaires islamistes tenteraient de faire avancer leurs intérêts dans nos démocraties à coups d’accommodements raisonnables. Il faut aussi se débarrasser des autres États islamistes.

4. Qui est derrière les  réseaux islamistes ?

Un de nos grands alliés, l’Arabie saoudite finance des mosquées et des écoles coraniques islamistes à travers le monde. Depuis des décennies. L’alliance avec l’Arabie saoudite coûte à présent plus cher qu’elle ne rapporte, si l’on tient compte des guerres et des mesures de sécurité qu’il faut déployer pour contrer l’islamisme dont elle fait la promotion. La Turquie pose aussi problème. Non pas la Turquie des villes, où la vaste majorité des gens exècre l’islamisme. Celle du gouvernement Erdogan qui reçoit l’appui des électeurs peu instruits et qui rêve d’imposer l’islamisme à son pays.

5. Comment vaincre l’islamisme ?

La clef de voûte de l’idéologie islamiste est en Arabie saoudite. Quand ce régime tombera, il sera soit remplacé par des forces démocratiques, soit par des forces islamistes similaires à celles qui le dirigent ce moment. Les chances que le régime se démocratise sont malheureusement faibles.

Dans ces conditions, la solution passe par la neutralisation de l’influence de l’Arabie saoudite. Le pays doit être isolé au plus vite du reste du monde. En même temps, tous les pays modernes devraient tendre la main aux musulmans modernes, comme Salman Rushdie, qui n’hésitent pas à critiquer le coran et à l’adapter au monde d’aujourd’hui. Si nos gouvernements appuient ces musulmans progressistes, le régime d’Erdogan tombera, comme les autres régimes islamistes.

Concrètement, ceci signifie pour nos dirigeants cesser d’appuyer tout ce qui est charia rétrograde. Comme la pudibonderie, le voile ou les interdictions alimentaires.