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À bout d’être abandonnée par le système de santé

Une résidente de Québec déplore la décision du gouvernement de fermer la clinique SABSA

Lucie Poitras implore le gouvernement de ne pas enlever la clinique SABSA aux gens dans une situation comme la sienne. Sans médecin ni aide du CLSC, la dame n’a aucun suivi de santé en dehors de celui  offert par la coopérative de solidarité de santé.
Photo Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Lucie Poitras implore le gouvernement de ne pas enlever la clinique SABSA aux gens dans une situation comme la sienne. Sans médecin ni aide du CLSC, la dame n’a aucun suivi de santé en dehors de celui offert par la coopérative de solidarité de santé.

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Une dame de Québec, atteinte de plusieurs problèmes de santé, dont la sclérose en plaques, en a assez que des gens dans sa situation soient abandonnés par le système. Victime des coupes en santé et sans médecin de famille, elle lance un dernier cri du cœur pour sauver la clinique SABSA.

Lucie Poitras souffre de fibromyalgie, d’arthrose et de sclérose en plaques, en plus d’avoir des problèmes cognitifs liés à cette dernière maladie. À 63 ans, elle est trop jeune et pas assez «maganée» pour obtenir les subventions du gouvernement lui permettant d’aller vivre dans un centre, et sa condition est trop grave pour ne pas avoir de suivi serré. Bref, elle tombe entre les mailles du filet de la santé.

«On dirait que tout ce que je peux faire, c’est de laisser ça aller. Quand ça va s’être dégradé, on va être obligé de me placer et c’est le gouvernement qui va devoir payer. Ils disent investir pour garder les gens chez eux, mais c’est loin de la réalité», déplore Mme Poitras, qui veut dénoncer pour aider ceux qui sont dans une situation semblable. «On doit être une maudite gang, croit-elle. Il doit y avoir une raison pour qu’il y ait autant de gens chez SABSA.»

Aucun suivi

Malgré ses nombreux problèmes de santé, Lucie Poitras ne bénéficie d’aucun suivi de son état. Le seul endroit où elle s’est sentie écoutée et bien reçue, c’est à la coopérative. «C’est bien beau d’être forte, mais à un moment donné tu t’épuises d’être forte. SABSA a été une bouée de secours dans une période qui était difficile, se rappelle la sexagénaire. Si on nous ferme ça, c’est fini les suivis», lance celle qui y va d’un dernier SOS pour faire changer les choses.

Sans réponse

Elle espère enfin être entendue par les acteurs politiques au dossier, qu’elle a tous contactés, sans réponse. «Ce n’est pas normal d’être désabusé de nos politiciens, mais ils ne feront rien encore.»

Lucie Poitras continue donc de se battre par amour pour ses proches, mais elle admet qu’il est temps que les choses bougent pour lui donner un coup de main.

«Je ne vis que pour ne pas faire de peine à ma fille. Si ce n’était que de moi, je me coucherais et je ne me relèverais plus», soupire la dame qui souffre de douleurs chroniques.

 

SABSA: une fermeture qui nuirait aux plus démunis

 

La fermeture de la Coopérative de solidarité SABSA priverait 1500 personnes d’un suivi de santé efficace, qu’elles ne peuvent actuellement obtenir ailleurs. Un choix risqué pour le gouvernement, croit la cofondatrice du service.

«Nous sommes un filet de sécurité de santé en attendant que les services débloquent dans la Basse-Ville. Beaucoup de gens n’ont pas de médecin de famille, ici», explique l’infirmière praticienne de SABSA, Isabelle Têtu.

Le gouvernement menace de fermer la clini­que pour diriger sa clientèle vers d’autres services déjà en place, dont les groupes de médecine familiale (GMF), un modèle non viable dans le contexte actuel, croit Mme Têtu.

« Centres d’achat de la santé »

«Nous sommes une solu­tion qui fonctionne à un trou dans les services. Les toxicomanes et les itinérants qui viennent ici n’iront pas au GMF. Le gouvernement valorise des “centres d’achat des services de santé”, où tous les services sont regroupés, mais qui ne rejoignent pas les gens qui en ont besoin», déplore l’infirmière de première ligne.

Isabelle Têtu souhaite maintenant que des cris du cœur comme celui de Lucie Poitras soient entendus par les autorités.

«Nous refusons des gens chaque semaine. Ces personnes-là méritent des services de santé de qualité. Tout le monde trouve ça bien beau, mais personne ne se mouille», déplore la cofondatrice de SABSA. Selon elle, un service comme celui de la Basse-Ville ferait économiser de l’argent au gouvernement, ce qui ajoute au non-sens de la fermeture prévue pour le 1er mai.

 

Qu’est-ce que SABSA ?

  • Coopérative de santé qui offre des soins de première ligne, sans médecins
  • La clinique de proximité fonctionne depuis octobre 2014
  • Plus de 1500 patients inscrits
  • Plus de 4000 consultations

Services offerts

Infirmières, travailleuses de rue, nutritionnistes, physiothérapeute, orthopédagogue, travailleur social – certains services offerts bénévolement par des spécialistes