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Un géant de chez nous

Un géant de chez nous
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Jean Lapierre laisse un grand trou dans le monde des médias québécois. Le métier est en deuil et le Québec a le cœur en compote.

C’était LE chroniqueur politique le plus important du Québec. C’était aussi notre ami, toujours de bonne humeur, la main tendue, prenant des nouvelles de votre santé, etc. C’était une vedette, un géant de chez nous, mais un humble géant, ce qui est rarissime de nos jours.

Il avait une influence considérable, ses opinions rendaient parfois la vie infernale aux politiciens. Il n’était pas méchant, mais incisif. Pas méprisant, mais ironique. Pas hautain, mais d’une humilité exemplaire.

Sa mort nous attriste tous. Quelle injustice!

Il n’y a pas si longtemps, nous étions invités au dîner de la Chambre de commerce de Québec. Parler devant mille personnes, ça peut rendre nerveux. Pas quand on a Jean Lapierre à ses côtés. Travailler avec lui était un plaisir.

Généreux

La plupart des journalistes sont jaloux de leurs contacts ou des informations privilégiées qu’ils possèdent. Ceux qui en ont quelque peu les gardent généralement pour eux. Pas Jean Lapierre. Il était sans aucun doute celui qui en avait le plus et n’hésitait pas à les partager.

Il avait des contacts partout. En politique, en affaires, dans le milieu municipal et juridique, partout. Il connaissait un tas de gens. À Ottawa, à Québec, à Montréal comme à Toronto. Il avait ses entrées chez les PM comme chez les maires.

Dans les congrès politiques ou sur la rue, les gens allaient vers lui, attirés par sa bonhomie et son sourire aussi facile que son bonjour.

Sa mort m’a frappé mardi comme un coup de poing. Je n’osais pas y croire, je ne voulais pas y croire. Jean Lapierre incarnait la joie de vivre et la passion du métier.

Le savoir soudainement disparu m’a littéralement scié les jambes.

Parcours unique

Il avait réussi un exploit en passant avec une réelle aisance de la politique active au merveilleux monde des médias. Il fut le précurseur d’un parcours aujourd’hui normal pour les politiciens.

Jean Lapierre, député et ministre fédéral, libéral d’abord, bloquiste ensuite, avant de faire un dernier tour de piste avec les libéraux à la demande de son ami Paul Martin. De Pierre Elliott Trudeau à Lucien Bouchard, son parcours reste unique.

TVA aura eu la main heureuse en l’arrachant à TQS. Jean Lapierre possédait un carnet d’adresses épais comme un dictionnaire.

Travaillant de la barre du jour et souvent jusqu’à tard en soirée, il était discipliné et infatigable. La mort de cet homme dynamique et inspiré provoque un grand vide et une grande tristesse chez les gens du métier.

La réaction générale donne la mesure de l’homme: émissions spéciales sur tous les réseaux télévisés, sur toutes les stations de radio; les médias sociaux et les journaux unanimes dans l’éloge, sans parler des multiples personnages qui, ayant jalonné sa vie, auront apprécié son amitié. Nous ne l’oublierons pas de sitôt.

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