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Un homme de proximité

brulotte
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Jean Lapierre aimait sa famille profondément. Il aimait aussi ses Îles-de-la-Madeleine. Il aura perdu la vie sur ses îles en allant rendre un dernier hommage à son père et apporter le réconfort à sa mère. Avec sa conjointe et des membres de sa famille. Je tente de donner un sens à ces morts alors que j’écris avec la gorge nouée et les yeux humides.

Jean était un homme du peuple, un vrai. Dans le sens le plus positif du terme. Amoureux du peuple. Respectueux du peuple. Surtout motivé par l’idée d’outiller le peuple pour aider à la compréhension de la politique.

Dans la même heure, il parlait à un ministre sur son téléphone portable puis avec de simples électeurs dans un centre commercial. Dans les deux cas, Jean y était avec l’intensité à 100 %. Dans les deux cas, Jean était passionné de ce qu’il entendait. Dans les deux cas, Jean prenait des notes.

À l’écoute

Jean aimait les citoyens. Il avait surtout un profond respect pour leurs opinions, leurs visions divergentes, leurs colères ou leurs déceptions. C’est sûrement pour cette raison qu’il recevait des confidences à tout coup.

Jean aimait aussi sincèrement les acteurs de la joute politique, autant ceux qui sont à l’avant-scène que les acteurs de l’ombre. Même s’il devait critiquer leurs décisions et parfois se moquer de leurs déclarations, il gardait une authentique admiration pour l’engagement public. D’ailleurs, il en connaissait bien les sacrifices personnels.

Un gagnant

Ce n’est pas un hasard si Jean Lapierre­­ le député ne fut jamais battu. Il a remporté toutes ses élections. Quatre fois dans la circonscription de Shefford, puis deux fois dans Outremont, lors de son retour en politique.

Ses deux dernières élections dans Shefford sont survenues alors que son parti était balayé du Québec par les vagues Mulroney. Cela n’est pas banal­­. Nul ne peut obtenir une victoire personnelle à contre-courant sans avoir une relation particulière avec sa population. Travaillant, aimable, brillant, Jean Lapierre a réussi cet exploit­­.

Les mêmes qualités lui ont servi pour se tailler cette place de chroniqueur le plus influent au Québec. Jean savait tisser des liens. Il rajoutait les noms de contacts à son carnet d’adresses. Des gens de toutes les régions, des gens de tous les secteurs d’activité, de gens de toutes les appartenances politiques. Quand Jean voulait savoir quelque chose, il y avait toujours un numéro utile dans la liste.

Comme vous, je vais m’ennuyer de Jean Lapierre, de son regard moqueur, de son carnet noir, de son humour piquant, de ses histoires de campagnes électorales passées. Ses histoires entendues au restaurant et ses secrets confiés par une de ses «sources» vont manquer à tout le paysage­­ politique québécois.

J’ai une immense pensée pour cette femme forte et courageuse que Jean appelait si affectueusement maman, avec son accent des Îles. Elle a perdu l’homme de sa vie. Elle vient de perdre quatre de ses enfants dans une tragédie sans nom. Tout le Québec vous porte dans son cœur.

Salut Jean!

Arracher ton nom de nos listes de contacts nous arrache le cœur.

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