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Du soccer en France aux Alouettes de Montréal

Le botteur Boris Bede a raconté son parcours à des étudiants de Québec

Martin Bédard et Boris Bede, des Alouettes de Montréal, ont rencontré les élèves de l’école de l’Accueil.
Photo Didier Debusschère Martin Bédard et Boris Bede, des Alouettes de Montréal, ont rencontré les élèves de l’école de l’Accueil.

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Boris Bede était à Québec, jeudi, pour rencontrer des élèves de 4e, 5e et 6e année de l’école de l’Accueil à Saint-Émile.

La majorité des écoliers évoluent au sein du programme les Électriks dans le circuit de la commission scolaire de la Capitale, qui regroupe huit écoles. Le botteur des Alouettes de Montréal a parlé de l’importance des études et de son parcours atypique parsemé de hauts et de bas.

Destiné au soccer

Joueur de soccer pendant sa jeunesse en France, Bede a touché le ballon ovale pour la première fois comme ailier défensif quand il a déménagé aux États-Unis pour compléter son parcours secondaire.

Après deux ans dans la NCAA en Division 2 avec l’Université Tiffin, Bede est retourné en France, en 2011, où un poste de défenseur en Division 3 l’attendait. «À 21 ans, la solution facile aurait été de continuer de jouer au soccer et d’empocher le salaire intéressant qu’on me versait, a-t-il raconté. Je me suis plutôt inscrit à l’Université de Sherbrooke afin de suivre un de mes meilleurs amis qui allait se joindre au Vert & Or comme gardien. Je prévoyais jouer au soccer moi aussi avec le Vert & Or tout en espérant qu’une place soit disponible avec l’équipe de football.» Son pote n’aura joué qu’une saison à Sherbrooke avant de rentrer au bercail.

Quelques jours après le repêchage de la LCF, Bede recevait un appel de l’entraîneur-chef Glen Constantin qui était à la recherche d’un botteur. Christopher Milo venait d’être repêché par les Roughriders de la Saskatchewan et son retour avec le Rouge et Or de l’Université Laval était incertain. «À Laval, on m’offrait la possibilité de jouer au football et non au soccer. Comme ce fut le cas après l’école secondaire où je devais me joindre à une école préparatoire parce que je n’avais pas été recruté, j’ai changé mes plans et je suis arrivé au Québec en août avec un gros manteau, prévoyant me retrouver sous la neige en débarquant de l’avion.»

Soubresaut

À Québec pour quatre ans, Bede a vécu un autre soubresaut quand le Sport interuniversitaire a voulu modifier son règlement sur l’âge maximum des joueurs. Né à l’automne, Bede pensait que sa carrière universitaire était terminée après la campagne 2013.

«Le 1er avril, mon coach des unités spéciales [Mathieu Bertrand] m’informait devant toute l’équipe que le SIC revenait sur sa décision. Fou de joie, je suis revenu sur terre brusquement quand Mathieu a ajouté qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. J’étais très déçu et on m’a rapidement assuré que le SIC était bel et bien revenu sur sa décision et que je pourrais disputer ma 4e et dernière saison à Laval. J’étais déjà sur la liste de protection des Alouettes, mais je n’étais pas prêt à faire le saut chez les pros.»

 

Nouvelle saison, nouveau défi

 

Pour son deuxième camp professionnel en mai, Boris Bede se présentera aux Alouettes de Montréal dans un contexte complètement différent.

«Ma première saison a été au-delà de mes attentes, a mentionné Bede qui a réussi 36 de ses 40 tentatives de placement, dont un de 52 verges. L’an dernier, je voulais simplement faire l’équipe. Après avoir signé avec les Alouettes, plusieurs me disaient que ça serait difficile de percer l’alignement parce qu’un vétéran (Sean Whyte) était en poste et que mon statut de joueur international me désavantageait. C’est avec la motivation de faire l’équipe que je m’entraînais à chaque matin à 6 h 30.»

«Cette année, mes objectifs ont changé, d’ajouter Bede qui disputera son année d’option. Je veux offrir au minimum la même performance que l’an dernier et faire preuve d’une plus grande constance.»

Bede et Martin Bédard forment une bonne paire même si le départ du vétéran Whyte a ébranlé le spécialiste des longues remises. «Nous sommes encore de très bons amis moi et Sean et son départ m’a fait quelque chose, a reconnu Bédard qui disputera lui aussi son année d’option. C’est le côté business du sport professionnel.» Les performances de Bede ont incité les Alouettes à libérer Whyte.

École

Bede et Bédard font équipe aussi à l’extérieur du terrain. Ils offrent une formation aux jeunes spécialistes des longues remises et botteurs. «Nous sommes encore en période de rodage, a expliqué Bédard, mais on prévoit tenir trois autres cliniques après celle de vendredi à Rosemère. On va se déplacer selon la demande.»

Ils s’entraînent dans la bulle de l’Université de Concordia tôt le matin aux côtés de Gerry McGrath qui travaille avec de jeunes botteurs.

«Steve Wolf est encore mon entraîneur et il sera à Montréal dans quelques jours, a indiqué Bede qui a conservé une moyenne de 44,3 verges sur ses dégagements à sa première campagne avec les Alouettes, mais Gerry me refile des conseils sur l’aspect mental.»