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Forêt récréative menacée

Des citoyens veulent protéger une forêt dans Lanaudière

La forêt Ouareau, dans Lanaudière, attire de nombreux randonneurs. La MRC souhaite y autoriser des coupes forestières.
Photo courtoisie La forêt Ouareau, dans Lanaudière, attire de nombreux randonneurs. La MRC souhaite y autoriser des coupes forestières.

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Une forêt prisée par les randonneurs montréalais est menacée par des coupes forestières dans Lanaudière.

Le maire de Chertsey, Michel Surprenant, critique des coupes planifiées par la MRC de la Matawinie dans la forêt Ouareau, un parc régional de plus de 150 km2 où se trouvent 120 km de sentiers et plusieurs lacs et refuges.

«Les paysages, c’est ça qui attire les gens à Chertsey. Les gens viennent pour rester autour du lac. C’est la nature qui est notre patrimoine, ici», souligne le maire de cette municipalité de 5000 habitants située à une heure de Montréal.

Une pétition

La forêt Ouareau, dans Lanaudière, attire de nombreux randonneurs. La MRC souhaite y autoriser des coupes forestières.
Photo courtoisie

Pour s’opposer aux coupes, des résidents de Chertsey et des environs ont fondé l’association Amis de la forêt Ouareau. Dernièrement, ils ont lancé une pétition demandant un moratoire sur les coupes et que le parc régional de la Forêt Ouareau devienne une aire protégée. L’association a déjà réussi à amasser plus de 1200 signatures.

«Près de 40 % de la forêt Ouareau ont été coupés depuis 1989», note la présidente des Amis de la forêt Ouareau, Margit Reimer. Elle précise que les plans du ministère des Ressources naturelles indiquent qu’il y aura seulement 7 % de ce parc régional qui sera coupé dans les cinq prochaines années. «Mais on croit que c’est beaucoup plus», dit Mme Reimer.

Les craintes des résidents et des propriétaires de chalets sont nombreuses. «On voyait beaucoup d’orignaux, de chevreuils et de lynx. On n’en voit plus aujourd’hui», estime Stéphan Touchette, un résident de Notre-Dame-de-la-Merci, dont le chalet se trouve en face de la forêt Ouareau.

D’autres résidents déplorent aussi que certains des sentiers, refuges ou infrastructures créés il y a 15 ans soient aujourd’hui mis en danger par les coupes.

Développement économique

Michel Surprenant, Maire de Chertsey
Photo d'archives
Michel Surprenant, Maire de Chertsey

La forêt Ouareau a été désignée comme un «territoire d’intérêt» où la MRC peut faire du développement économique, explique l’adjoint exécutif au directeur général régional au ministère des Forêts, Carl Patenaude-Levasseur. «Dans l’entente [entre la MRC et le ministère], il est clairement spécifié que ce n’est pas un territoire qui devient à usage exclusif pour le récréotouristique», précise-t-il.

Selon M. Patenaude-Levasseur, la forêt Ouareau est un «secteur d’intérêt» puisqu’elle contient des arbres matures, prêts à être récoltés. «Ne pas aller couper dans la forêt Ouareau serait mettre de la pression indue dans d’autres secteurs», précise-t-il.

Consultations publiques

Avant se commencer des coupes, le ministère et la MRC doivent tenir compte des commentaires du public, mais le maire de Chertsey estime que les consultations publiques sont «biaisées» puisque «les décisions sont déjà prises». Mme Reimer estime pour sa part que les consultations publiques sont «bidons». «Ils font tout pour cacher les coupes. Quand on voit l’étendue du désastre, c’est déjà trop tard.»