/misc
Navigation

La déprime

La déprime
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Le Québec est déprimant de ce temps-là, vous ne trouvez pas? J’ai l’impression que notre Québec est réprimé, docile, inoffensif. On peut lui passer encore une fois des énièmes savons sans bien même qu’il glisse un tantinet.

Le modèle québécois? De quessé?

Le Québec inc.? Sur le respirateur artificiel, ne devenant qu’une économie de succursales des plus grands que nous.

Ce n’est pas qu’une question de Cirque du Soleil, de RONA ou encore de St-Hubert, c’est une question beaucoup plus large: un coup parti, vendons donc toutes nos cabanes à sucre aux investisseurs chinois: nous aurons peut-être un peu d’argent pour nous occuper de nos routes en décrépitudes.

Vendre au plus offrant, semblerait-il qu’il n’y a que ça d’important. Garder nos fleurons chez nous? Pourquoi donc? Parlons d’investir dans le baseball, tout le monde va être content, anesthésié.

On nous répète que c’est ça le capitalisme, qu’on vend ce que nous sommes au plus offrant, ne pensant qu’au profit plutôt qu’au symbole.

J’ai l’impression que pour plusieurs élus, Philippe Couillard et Dominique Anglade en tête de file, la spécificité québécoise est devenue comme une petite mouche qui vole autour de nos oreilles: son bourdonnement est assourdissant et nous ennuie. On a hâte qu’elle débarrasse et nous laisse tranquilles.

La langue? Dépassée. Les symboles? Poussiéreux!

Ouvrez vos esprits, quand il n’y aura que des Tim Hortons partout, nous serons enfin une province du Canada comme les autres: aussi innovateurs que le Yukon et divertissants comme l’Île-du-Prince-Édouard.

Le monde sera enfin beau et dépourvu de cailloux dans les souliers lorsque nous serons enfin à l’image de la Saskatchewan. L’originalité du Québec? Son unicité? Ils vivent sur du temps emprunté.

Je rêve pourtant à un premier ministre musclé, qui prendra la défense du Québec à bras-le-corps. Celui que j’ai présentement me donne l’impression qu’il ne veut que l’offrir au plus offrant.

Dans la pièce Les voisins, de Claude Meunier et Louis Saïa, une réplique culte: «C’est fini le passé». J’ai comme l’impression que pour plusieurs de nos élus, c’est aussi ça: le passé et la spécificité, c’est terminé, faites avec: on devient maintenant exactement comme les autres. Bientôt, nous ne serons plus que de petits Américains uniformes, sans aucune particularité. 

Je suis peut-être naïve, mais je ne croyais pas que le Québec était destiné à devenir aussi petit.