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Le français : un vulgaire atout

Les organismes qui aident les nouveaux arrivants dénoncent le recul de Québec
© Shutterstock / Agence QMI

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Dans le Devoir de cette semaine, Robert Dutrisac  rapportait que les nouveaux arrivants ne parlant que français éprouvaient plus de difficultés à obtenir un emploi que ceux ne connaissant que l’anglais. 

 

Le français ne devrait pas être un « atout », mais une nécessité. Présentement, pour travailler dans un stationnement du centre-ville de Montréal, dans les cuisines d’un Vieux Duluth de l’est de Montréal ou encore dans un cinéma de Laval, la langue incontournable, c’est l’anglais. Vous parlez anglais ? Ça va. Le français, bof, c’est un plus. Du moins, pour plusieurs corps d’emplois non spécialisés. 

 

Le français n’est plus obligatoire. Ne pas parler français n’est pas handicapant. 

 

Certains immigrants pensent que l’apprentissage du français est un incontournable, un passage obligé. C’est un grossier mensonge. Vous n’avez qu’à demander aux 60 % des immigrants ne parlant pas français qui ne se francisent pas, et de constater qu’ils sont en mesure de travailler. De gagner leur vie, la réalité, c’est que le français, dans la grande région métropolitaine n’est pas la langue du ventre. 

 

On décide d’apprendre une langue pour plusieurs raisons, mais avoir besoin de celle-ci est un incontournable. Le gouvernement manque de cohérence : alors qu’on indique que la pérennité du français est l’un des objectifs de l’immigration, notre État est bilingue.  

 

Apprendre une langue seconde, le français dans le cas qui nous concerne, est un investissement non seulement de temps, mais aussi financier. Choisir d’apprendre le français à temps plein, soit trente heures par semaine, pour une allocation maximale de 120 $ par semaine fait en sorte que les immigrants vivent avec moins que s’ils travaillaient comme plongeur chez McDonald au salaire minimum. 

 

La réalité, c’est que la francisation n’est ni compétitive, ni attractive, car plusieurs nouveaux arrivants se rendent bien vite compte que le français à Montréal n’est pas la langue qui va les faire vivre, mais un vulgaire atout.