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Dentiste et artiste

Bao Pham conjugue ses deux passions

L’artiste et dentiste Bao Pham devant certaines de ses oeuvres à la galerie Québec Art, à Québec.
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc L’artiste et dentiste Bao Pham devant certaines de ses oeuvres à la galerie Québec Art, à Québec.

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Nouvel artiste exposé à la galerie Québec Art du Quartier Petit Champlain, Bao Pham raconte avoir développé sa passion pour l’art avec le graffiti, qu’il pratiquait à l’Îlot Fleurie sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans les années 1990.

Toutefois, pour «assurer son avenir» tel que lui demandait ses parents, l’artiste vietnamien a fait ses études en dentisterie. Aujourd’hui, il consolide ses deux passions dans un cabinet qu’il tapisse de ses œuvres, alors qu’il peaufine ses tableaux «entre deux patients».

«Pour moi, c’est une grande réussite d’avoir signé en tant qu’artiste permanent», mentionne M. Pham, très heureux d’être associé à la réputée galerie de Québec, Québec Art. «C’est comme une deuxième carrière qui commence, une nouvelle aventure, quelque chose dont j'ai toujours rêvé, mais que mes parents ont en quelque sorte toujours jamais voulu que je fasse, raconte celui qui est arrivé au Québec en 1982, accompagné de dix membres de sa famille «pour fuir le communisme».

«Nous étions une dizaine dans un appartement de Rimouski», se rappelle celui qui vit aujourd’hui à Montréal.

Basculer de « l’autre bord »

De la rue à son cabinet de dentiste, l’artiste se rappelle sa vie de «jeune rebelle», où le seul moyen d’immortaliser son œuvre était de la prendre en photo. «C’était les premières vagues du graffiti. Il y avait des regroupements, des petits crews et on devait revenir tôt le lendemain matin pour prendre des photos, avant que ça ne disparaisse», raconte-t-il.

Avec du recul, Bao Pham, qui se considère aujourd’hui comme un «dentiste qui sort du moule», admet ne pas avoir eu les «meilleures fréquentations» à l’époque où il convoitait les murales vierges de Québec et Montréal. «C’est sûr que ce n’est pas un milieu facile, c’est une culture un peu rebelle. J’aurais pu basculer de l’autre bord», explique-t-il.

Aujourd’hui, bon nombre d’artistes de la rue profitent de son expertise en tant que dentiste pour lui rendre visite annuellement. «Une bonne partie de ma clientèle provient d’artistes de la rue, ça me permet de rester branché avec le milieu», indique celui qui prend quelques instants pour peindre entre un traitement pour une carie, un traitement de canal ou un simple nettoyage!

Excentrique

«Mon cabinet est à l’image du milieu dans lequel j’ai grandi», explique l’artiste, qui expose son art «urbain contemporain» sur son lieu de travail.

Même si son œuvre, aussi originale soit-elle, a évolué au fil du temps, Bao Pham admet ne pas avoir laissé tomber la canette!

«Je travaille aussi avec de la peinture, du collage, de l’aquarelle, de l’acrylique, des bâtons d’huile, c’est une technique mixte», indique l’artiste de 41 ans, aujourd’hui père de trois enfants.

Le vent dans les voiles

En plus de sa récente association avec la galerie Québec Art, Bao Pham a aussi prêté son talent à la compagnie californienne Modify Watches, qui a imprimé quelques-unes de ses œuvres dans une nouvelle collection de montres.

«Je m’intéresse maintenant à d’autres compagnies qui signent des artistes en arts visuels, comme Adidas ou Converse», mentionne-t-il. Qui sait, peut-être que le fruit du travail d’un artiste de chez nous pourrait se retrouver sur votre prochaine paire d’espadrilles?