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Élèves allophones toujours plus nombreux dans les écoles de Québec

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Les élèves allophones sont de plus en plus nombreux dans les écoles de Québec. Leur nombre a augmenté de 30% en trois ans.

Cette année, 1200 élèves des commissions scolaires des Découvreurs, de la Capitale et des Premières-Seigneuries apprennent à maîtriser une nouvelle langue complexe, le français. Il y a trois ans, on en comptait un peu plus de 900.

Une minorité d’entre eux fréquentent une classe d’accueil, à temps plein, alors qu’une majorité sont assis dans des classes régulières avec quelques heures de francisation par semaine.

À la commission scolaire de la Capitale, où l’augmentation est la plus importante, l’équivalent de trois enseignants temps plein ont été ajoutés depuis le début de l’année pour répondre aux besoin des 750 élèves. Le nombre de classes d’accueil est passé de quatre à neuf en trois ans et une autre sera bientôt ouverte au secondaire, indique la porte-parole, Marie-Élaine Dion.

Mais une majorité d’élèves restent intégrés dans les classes régulières, puisque la commission scolaire croit que ce modèle permet aux élèves de s’intégrer rapidement à leur nouvelle vie.

Classe d’accueil pour une minorité

Au Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ), on se réjouit de l’ouverture de nouvelles classes d’accueil, qui restent toutefois réservées à une minorité d’élèves qui ont été sous-scolarisés, souligne la vice-présidente Annie-Christine Tardif. «Il faut vraiment être poqués pour être dans une classe d’accueil. On essaie de les convaincre que c’est la solution pour une majorité d’élèves», lance-t-elle.

C’est aussi l’avis de Michèle Vatz-Laaroussi, professeure à l’Université de Sherbrooke qui s’intéresse à ces enjeux. À Sherbrooke, où le nombre d’élèves allophones est comparable à celui de Québec, une majorité d’élèves fréquentent une classe d’accueil avant d’être intégrés en classe régulière.

«C’est le meilleur modèle, affirme-t-elle. Puisqu’une grande majorité des élèves allophones sont des réfugiés, ils ont une trajectoire particulière et ont besoin de plus de temps d’adaptation, à cause de l’exil.»

Cette dernière insiste par ailleurs sur l’importance d’une formation en enseignement du français langue seconde pour les profs en classe d’accueil. «C’est très important», dit-elle.

Or à la commission scolaire des Premières-Seigneuries, la plupart des enseignants de francisation n’ont pas de formation spécialisée, déplore Sylvie Gosselin, aussi vice-présidente au SERQ.

Dans cette commission scolaire qui accueille 250 élèves allophones, on ne compte qu’une classe d’accueil «temporaire», indique-t-elle.

Par ailleurs, les écoles de Québec accueillent présentement près de 90 élèves syriens. Les autres élèves allophones proviennent d’un peu partout à travers le monde. À la commission scolaire de la Capitale, ils arrivent surtout de la Colombie, du Népal et de la République démocratique du Congo.