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«Je veux dépoussiérer l’art de la magie»

«Je veux dépoussiérer l’art de la magie»
PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS, le journal de québec

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Luc Langevin aimerait que la magie obtienne plus de visibilité et que plus de magiciens deviennent, comme lui, des vedettes connues du grand public. C’est pourquoi il sera le porte-parole du Festival de magie de Québec, en 2016, pour la troisième fois en six éditions de cet événement qui se tient cette année du 21 au 24 avril. Entretien avec un amoureux de son art.

Pourquoi c’est important pour toi de t’impliquer dans ce festival?

«D’abord parce que je viens de Québec. Les magiciens d’ici sont des amis à moi. Je les connais tous. Donc, c’est un peu comme revenir dans ma famille. Encourager Pierre et Renée-Claude (les organisateurs), qui sont aussi des amis, c’est tout naturel. J’aurais aimé avoir un festival comme celui-là, quand j’étais plus jeune, comme vitrine. Lorsqu’on est magicien, c’est difficile de trouver une ­plateforme pour montrer aux gens ce qu’on fait. Les humoristes ont des festivals, même chose pour la musique. Le Festival de magie le fait et, surtout, il permet aux gens de découvrir la magie. C’est rare d’avoir le réflexe d’aller voir un spectacle de magie. Pourtant, c’est un divertissement tellement complet. Dans un bon spectacle de magie, on rit, on se ­questionne, on est ému, on est émerveillé.»

Dirais-tu que la magie comme art n’est pas ­reconnue à sa juste valeur?

«Tout à fait. Il y a encore des gens qui pensent que c’est pour les enfants, comme engager un clown ou un jongleur. Je pense que la magie vit ce qui est ­arrivé au cirque quand le Cirque du Soleil est arrivé et qu’il a dépoussiéré cet art.»

De ton côté, tu aimes monter des numéros qui sont basés sur des faits scientifiques. La ­pédagogie est importante pour toi?

«La science est vue comme quelque chose de très académique, très ardue, qu’il faut être très ­intelligent pour la comprendre. C’est une fausse perception à mon avis. De plus en plus, on voit des émissions comme Génial!, à Télé-Québec, qui ­montrent comment c’est fascinant, la science. Ça transforme nos vies. Donc, c’est un peu une mission que je me donne de montrer ce qu’est la science et comment ça peut être utilisé et en même temps de dépoussiérer l’art de la magie.»

Est-ce que tu seras satisfait quand plusieurs spectateurs te diront qu’ils ont deviné ton truc?

«Ce serait tant mieux. Personnellement, ça ne me dérange pas que les gens trouvent le truc. Je dis toujours que ce que je fais est de l’illusion. Pour moi, la magie, c’est plus qu’un truc. Lorsqu’on va voir un film au cinéma, on le sait que ce sont des effets ­spéciaux avec des comédiens, donc que ça ne se ­passe pour vrai. Malgré tout, on vit des émotions. La magie, c’est la même chose. On le sait qu’il y a un secret, mais c’est l’émerveillement qu’il procure qui est l’essence d’un numéro.»

Sens-tu que tu es devenu le porte-étendard de la magie au Québec?

«Je pense que oui. J’ai l’impression qu’avec les ­années, je suis devenu le visage que les gens connaissent de la magie. C’est une des raisons pour lesquelles je me lie au Festival de magie. Ma présence va peut-être inciter des gens qui aiment ce que je fais à venir au festival et c’est tant mieux. J’ose ­espérer qu’ils vont découvrir d’autres magiciens.»

Quel est ton souhait pour la magie?

«J’aimerais qu’on voit plusieurs magiciens dans l’univers médiatique, comme les humoristes. Qu’on retrouve différentes formes de magie en salles, à la télé. Parce que c’est un art inspirant. Ça nous ­apprend à penser en dehors de la boîte. Moi, ça m’a permis de grandir. Quand on crée un numéro, on doit tromper les perceptions des gens et après, on comprend que nos perceptions sont trompées dans la vie de tous les jours. Comment le discours d’un politicien peut nous hypnotiser et nous faire croire certaines choses alors qu’il n’en est rien. Comment les publicités nous font acheter les choses dont on n’a pas besoin?»