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Être proactif pour prévenir le cancer

Être proactif pour prévenir le cancer
PHOTO COURTOISIE, JULIEN FAUGÈRE

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Dix ans après la sortie du best-seller, Les aliments contre le cancer, les chercheurs Richard Béliveau et Denis Gingras font le bilan des résultats de nombreuses nouvelles études publiées sur les aliments, le vin rouge, les antioxydants, les vitamines et les propriétés anticancéreuses des végétaux dans une nouvelle édition de ce livre qui a révolutionné les habitudes alimentaires de milliers de gens.

Les chercheurs démontrent que chaque personne a la possibilité d’améliorer son bilan de santé en surveillant son alimentation et son poids corporel. «Le message fondamental qu’on essaie de livrer depuis dix ans, c’est de ne pas être passif, mais d’être proactif», dit le Dr Béliveau.

Le pouvoir de changer

«On se pense immortels... On vit dans une société où on procrastine. On vit dans une société où on est endettés. Le Canadien moyen dépense 167 % de son budget. Donc, arriver en prévention et demander aux gens de faire quelque chose maintenant pour un bénéfice dans 20 ans, c’est pas un message qui est facile à vendre aux gens. C’est la raison pour laquelle il faut le marteler, que tout le monde entre dans le même sens et que les gens comprennent le formidable pouvoir qu’ils ont», ajoute l’expert.

Le Dr Béliveau rappelle que le but de ses livres, c’est de dire aux gens qu’ils ont le pouvoir de changer quelque chose, de prendre leur santé en main. «C’est un pouvoir absolument extraordinaire et sous-estimé. Les gens sont très fatalistes par rapport au cancer. Mais 70 % des cancers peuvent être prévenus en faisant des changements simples au mode de vie.»

Les conclusions les plus étonnantes liées aux nouvelles recherches concernent entre autres l’obésité, qui n’était pas un facteur identifié de risque de cancer il y a 10 ans. «La surcharge de poids – même la petite poignée d’amour, la petite bedaine – va être le facteur qui va remplacer le tabac comme première cause de mortalité dans les sociétés occidentales.»

IMC inférieur à 23

Bonne nouvelle: on peut agir. «La première recommandation du Fonds mondial de recherche sur le cancer, si vous ne fumez pas, c’est d’être très mince, d’avoir un IMC (indice de masse corporelle) inférieur à 23. Imaginez! Ensuite, c’est de manger beaucoup de végétaux et de faire beaucoup d’exercice.»

Le Dr Béliveau précise également que la composition moléculaire des aliments se reflète dans les propriétés anticancéreuses. «Quand vous mangez une gousse d’ail, ça ne goûte pas une banane et quand vous mangez une orange, ça ne goûte pas un citron. C’est pas l’action du Saint-Esprit qui fait que ça goûte différent: ce sont des molécules phytochimiques.»

Il poursuit son explication. «Dans cette signature organoleptique de goût, de saveur, de consistance, certaines de ces molécules ont des propriétés anticancéreuses. Il ne s’agit pas de manger des fruits et des légumes pour réduire le risque de cancer, mais de manger certains fruits et certains légumes qui ont, dans les études populationnelles, plus de protection contre le cancer que la consommation globale à cause de leur composition moléculaire. C’est fascinant.»

«Certaines plantes contiennent des molécules qui ont un pouvoir phytotoxique contre les plantes cancéreuses. On l’a illustré en page 71. Vous faites pousser des cellules cancéreuses dans un Petri et vous les exposez à des extraits dilués de 1 à 100, 1 à 500 de chou, d’ail, de poireau et d’oignon et vous avez 100 % d’inhibition de la division des cellules cancéreuses. C’est énorme.»

  • Richard Béliveau est un chercheur reconnu mondialement dans la recherche sur le cancer.
  • Denis Gingras est un chercheur spécialisé en oncologie.
  • Les aliments contre le cancer a été traduit dans plus de 25 langues et vendu à plus de 750 000 exemplaires dans le monde entier.

EXTRAIT

«Nous souhaitons plutôt faire connaître un certain nombre d’aliments qui peuvent véritablement contribuer à diminuer le risque de développer cette maladie. Ces recommandations s’appuient évidemment sur le rôle bien établi des végétaux comme composante fondamentale de tout régime alimentaire destiné à combattre le cancer, mais elles tiennent également compte de nouvelles données scientifiques qui suggèrent que la nature des fruits et des légumes pourrait jouer un rôle aussi important que la quantité consommée, car certains aliments constituent des sources privilégiées de molécules anticancéreuses. Il ne s’agit donc pas seulement de consommer le minimum de cinq portions de fruits et légumes, il faut surtout privilégier ceux qui sont les plus aptes à prévenir le développement du cancer.»

— Dr Richard Béliveau, Dr Denis Gingras, Les aliments contre le cancer