/entertainment/stage
Navigation

Une Mme G. fascinante et bien interprétée

Une femme et son établissement clandestin en toile de fond

Annabelle Pelletier-Legros et Mary-Lee Picknell dans une pièce de Maxime Beauregard-Martin. On y découvre une Mme G. authentique et certainement très près de la réalité.
hoto crédit Cath Langlois Annabelle Pelletier-Legros et Mary-Lee Picknell dans une pièce de Maxime Beauregard-Martin. On y découvre une Mme G. authentique et certainement très près de la réalité.

Coup d'oeil sur cet article

Mme Thérèse a été propriétaire du célèbre bar La Grande Hermine et elle a ensuite exploité durant 15 ans un établissement clandestin dans son appartement. À l’affiche jusqu’au 30 avril à Premier Acte, Mme G. est une œuvre fascinante sur un oiseau de nuit hors du commun.

Le jeune auteur et comédien réussit à nous faire entrer dans ces lieux mythiques, aujourd’hui fermés, mais qui sont témoins d’un passé pas si lointain.

Mme G. raconte les quelques heures que l’auteur, Maxime Beauregard-Martin, a passées avec cette femme. C’est une pièce qui témoigne de l’histoire de ces lieux mythiques, mais aussi de la quête d’un jeune auteur, fasciné par cette femme, au point d’en faire un spectacle.

On revisite La Grande Hermine, qui a été en activité entre les années 1961 et 1994, où des clients allaient rencontrer des prostituées, et le bar clandestin situé sur René-Lévesque et qui s’animait durant la nuit.

Plus grande que nature

Docu-théâtre, Mme G. est aussi un spectacle sur la création d’un spectacle, avec les doutes, les remises en question et les difficultés qui se dressent en cours de route. On suit Maxime Beauregard-Martin dans ses rencontres avec Mme G. et aussi lors des séances de travail avec les autres comédiens de la distribution.

Marie-Ginette Guay offre une performance époustouflante, incarnant une Mme G. qui doit être très près de la réalité, mais sans jamais tomber dans la caricature.

Maxime Beauregard-Martin a volontairement choisi d’exposer le côté lumineux de cette femme, avec des éléments de réalisme et de fiction.

La proposition est bien tournée, sauf lors d’une petite baisse d’intérêt à mi-parcours, lorsque la pièce s’attarde peut-être un peu trop à l’histoire d’une jeune commis de dépanneur qui décide d’aller vendre son corps à La Grande Hermine.

L’intérêt de Mme G. repose presque entièrement sur cette femme pas banale, plus grande que nature, qui est toujours en robe de chambre, qui fume des cigarettes sans filtre, qui aime manger du «chinois», qui aurait voulu être chanteuse ou comédienne et qui déploie toute sa splendeur dans une interprétation bien sentie de New York, New York.

La proposition de Maxim Beauregard-Martin n’est pas parfaite. Elle «surfe» sur le côté lumineux d’une histoire qui est possiblement plus sombre et plus complexe que celle qui est présentée et abordée dans le plaisir et l’humour.

Mme G. est une création fascinante en raison de sa forme, de cette femme plus grande que nature et de cette incursion fort intéressante dans le processus de création d’une pièce de théâtre.