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Jeff Fillion: l’indécence

Jeff Fillion: l’indécence

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Jeff Fillion vient d’être renvoyé par Bell de son poste d’animateur à Énergie.

«Tout ça pour un tweet», va-t-on sûrement lire ad nauseam de la part de ses irréductibles partisans.

Certains vont plaider la liberté d’expression, la liberté de parole, etc. comme l’a fait le Doc Mailloux

On voit déjà circuler le mot-clic #jesuisjefffilion, sur le modèle de #jesuischarlie. S’il vous plaît! Mettre au même niveau un animateur qui a perdu un boulot et des caricaturistes qui ont perdu la vie, assassinés à la kalachnikov!

La controverse Fillion n’a rien à voir avec la liberté d’expression. Il n’a pas perdu son gagne-pain parce qu’il a exprimé une opinion qui déplaisait.

Son tweet de dimanche soir était tout simplement indécent. D’un manque de décence humaine élémentaire.

Si vous êtes à des funérailles et qu’un mononcle se met à crier des bêtises dans l’église, vous le mettez à la porte. Parce que devant la mort, et en particulier devant la mort d’un enfant, et a fortiori la mort violente d’un enfant, la seule attitude possible est de faire preuve d’humanité. D’offrir de la compassion et de l’empathie aux proches. De tendre un mouchoir, pas un torchon.

Si son tweet a soulevé un tel tollé, ce n’est pas parce qu’on n’était pas d’accord avec son «opinion». C’est qu’on était tout simplement profondément choqué de son indécence.

Ce que les internautes, puis l’opinion publique au grand complet, puis les dirigeants de Bell ont envoyé comme message à Fillion c’est: «Ça ne se fait pas».

Il y a des lois qui régissent la diffamation, les propos mensongers, etc.

Mais il n’y a pas de loi écrite qui régit la décence. C’est une ligne que chacun trace dans le sable.

Et cette ligne, Fillion l’a franchie dimanche soir.