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Politique sur mesure

Drapeau québec
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Les sondages politiques au Québec se suivent et se ressemblent depuis plusieurs semaines. Ils démontrent une tendance lourde: si aucune alliance n’est faite du côté des souverainistes, ou encore des nationalistes, le parti libéral sera encore au pouvoir pour les six prochaines années, si ce n’est pas plus.

Alors que les anglophones et une majorité d’allophones forment une masse monolithique pour leur assurer ce pouvoir – et surtout, s’épargner un vote référendaire où ils pourraient évidemment cocher non... – les francophones se divisent. Ce matin, le chef du Parti québécois et la députée Véronique Hivon signent un bel appel à la convergence des forces souverainistes dans les pages du Devoir, on peut constater que certains réalisent enfin que sans un quelconque accord, le Parti libéral sera encore et toujours le parti naturel au pouvoir au Québec, et ce, malgré tous les scandales qui s’abattent sur sa tête depuis plusieurs semaines.

C’est à ce moment que Paul Saint-Pierre Plamondon et ses amis, qui semblent en manque d’attention publique, surtout, tentent de se positionner comme des chevaliers servants, qui réussiront à sauver le Québec des griffes des dragons libéraux en créant un énième mouvement politique pour les francophones. Leurs armes de prédilection? Les cartes professionnelles, les souliers vernis, les conférences et les 5 à 7. J’oubliais: se faire prendre en photo et  faire les beaux. Présenter Saint-Pierre Plamondon comme celui dont le Québec avait besoin pour (enfin!) se remettre sur pied. Vraiment? Allô?!

Que proposent-ils? Essentiellement un genre de CAQ plus progressiste, une sorte de Québec solidaire plus «complet cravate-non souverainiste». Pourquoi Saint-Pierre Plamondon ne tente-t-il pas de prendre sa place dans l’un de ces deux partis où il pourrait probablement trouver des sympathisants à ses idées... sans éventuellement créer un parti qui fera concurrence aux autres partis qui ont les faveurs des francophones et qui étiolera davantage le vote pour donner encore plus de chance aux libéraux de conserver leur règne? Si c’est vraiment son objectif, il doit donc intégrer un parti existant plutôt que de créer un énième mouvement marginal qui récoltera quoi? 2, 3 % du vote? Bien assez pour gruger l’avantage que pourrait avoir une coalition de partis souverainistes ou encore la CAQ, qui eux, ont de vraies machines pour faire compétition aux libéraux, sur la base d’idées communes: la fondation d’un nouveau pays ou encore une nation plus forte au sein du Canada.

La politique, c’est de rassembler le plus de gens possible derrière certaines idées primordiales, le fédéralisme, l’indépendantisme, la droite d’abord ou la gauche d’abord. Quatre partis représentent chacun l’une de ces idées au Québec. Quelle est l’idée novatrice ou différente de ces quatre que proposent les orphelins politiques? Aucune.

La politique, c’est de faire avancer des idées plutôt que des personnes, et de se battre pour elles. Pour cela, il faut que les gens se rassemblent autour du noyau d’un parti, de l’idée principale de celui-ci. Un parti politique, dans un système électoral comme le nôtre, ne peut pas être comme un complet sur-mesure qui nous sied des pieds à la tête ni une «liste de critères sans fin». Chacun doit plutôt trouver un modèle qui lui fait bien, une idée centrale. Toutes ces idées sont déjà portées par des entités politiques au Québec, ce qui fait en sorte que je ne crois pas qu’on puisse être orphelins politiques ici: on est fédéraliste ou pas, toutes les autres idées peuvent avancer au sein des partis, pour le reste, on est surtout orphelins médiatiques.