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Moins cher à Montréal qu’à Saguenay

Le coût de la vie est plus dispendieux en région à cause du transport et de l’alimentation, selon une étude

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Photo Amélie St-Yves, collaboration spéciale Virginie Rainville et son conjoint, Steven Hill-Paquin, n'auraient pas eu les moyens de s'acheter une maison semblable à Montréal. Ils sont accompagnés de leurs fils, Thomas, 4 ans, et Félix, 16 mois.

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Ça peut sembler surprenant, mais il faut être plus riche pour vivre convenablement à Sept-Îles ou à Saguenay qu’à Montréal ou Québec, révèle une étude.

Les ménages de la capitale doivent gagner au moins 52 000 $ par année pour vivre décemment, selon les données que rend publiques aujourd’hui l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

Ce revenu représente le minimum que doit gagner une famille pour vivre un tant soit peu confortablement dans un logement de quatre pièces et demie et faire quelques économies.

Alors que le seuil se situe à 52 447$ pour une famille de quatre personnes à Québec, les habitants de Saguenay et de Sept-Îles doivent respectivement avoir un revenu de 56 075 $ et de 57 410 $ pour satisfaire leurs besoins de base et se dégager une certaine marge de manœuvre. 

Sur les cinq villes étudiées par l’IRIS, Trois-Rivières est celle où il est possible de vivre avec le revenu le plus bas.

La faute de l’automobile

Cette différence s’explique principalement par deux facteurs: l’automobile et le coût des aliments.

«Les prix des loyers sont généralement plus bas en région. On pense donc que la vie y est moins chère. Mais les familles se font rattraper par les coûts liés à leur voiture (achat, entretien, essence) et le prix des aliments», affirme le coauteur de l’étude, le chercheur Philippe Hurteau.

«Lorsque le réseau de transport d’une ville est bien développé, cela permet aux gens de se passer d’une voiture et d’économiser grâce au transport en commun. Avec deux enfants et deux adultes, c’est plus difficile de se déplacer sans une, voire deux voitures, à Sept-Îles», illustre ce dernier.

Ainsi, une famille de Québec de 4 personnes devra consacrer en moyenne près de 1000 $ de plus pour son loyer en 2016 qu’un ménage de Saguenay. Mais la famille de Saguenay devra dépenser, elle, deux fois plus pour son automobile.

Sur la corde raide

Selon les calculs de l’IRIS, un salaire minimum viable pour tous les Québécois se situerait à 15,10 $/heure, soit 4,35 $ de plus que le salaire minimum en vigueur à partir du 1er mai.

«Sur 4 millions de salariés au Québec, un million font un salaire qui se situe sous la barre des 15 $/h. Ce sont des gens qui travaillent, mais qui sont dans une situation très précaire. Et ils sont plus nombreux qu’on ne le croit.»