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Toilettes transgenres à l'école

Toilettes transgenres à l'école

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Manon Massé annonce aujourd'hui dans le Journal que Québec Solidaire demande que toutes les commissions scolaires du Québec, à l’instar de la Commission scolaire de Montréal, offrent des toilettes neutres ou l’accès à la salle de bain de leur choix aux élèves transgenres, au nom du droit à l’auto-identification.

Jasons un brin : J’aimerais savoir combien il y a d’élèves qui s’identifient comme transgenres dans les écoles du Québec. Dix, 50, 300, 5 000, 99,999 ?  

N’essayez pas de le savoir, les statistiques n’existent pas. Mais à entendre les militants pour une troisième toilette, ils seraient légion. Comme s’il y avait eu une explosion du nombre de mineurs trans au cours des dernières années. Est-ce devenu la mode chez les ados ?

Les droits humains, direz-vous, n’ont rien à voir avec le nombre. C’est vrai mais il arrive que certains droits se trouvent en concurrence les uns contre les autres. Il faut alors faire des choix, à l'abri des exigences de lobbies de plus en plus pointus.

Quand on sait que nos écoles tombent en ruines, que les budgets pour les nombreux élèves en difficulté pédagogique sont coupés, qu’on peine à intégrer les enfants d’immigrants dans le milieu scolaire (parlons-en de la discrimination) a-t-on encore le droit de dire qu’il y a des besoins plus pressants dans nos écoles que l'ajout de toilettes non-genrées ?

Le problème de savoir quelle toilette utiliser ne touche pas tant ces êtres courageux qui transforment leur corps à coup de souffrances indicibles, pour qu’il soit en adéquation avec leur perception d’eux-mêmes. Comme on dit, si ça ressemble à une femme, c’est probablement une femme (même chose chez les hommes). Bien que de nombreuses féministes, pour qui seule une femme de naissance est une «vraie» femme, réfutent cette affirmation. Je n’irai pas là aujourd’hui.

Mais que faire avec un garçon de 13 ans qui commence à explorer son identité sexuelle hors des sentiers battus et qui décide de porter des vêtements féminins ? Quelle porte choisira-t-il pour répondre à l’appel de la nature ? Chez les filles, on va lui crier de sortir. Chez les gars, il risque d’être harcelé.

Abolissons les toilettes distinctes disent certains. Dans un monde idéal, ce serait la meilleure solution. Mais voilà, le monde idéal n’existe pas. Les risques d’agression sur les femmes sont bien réels. Pourquoi pensez-vous que les toilettes pour femmes dans les édifices publics sont fermées à clé et pas celles des hommes ?

Il reste donc l’autre solution, la troisième toilette, celle-là neutre. Reste à savoir si les personnes trans accepteraient que des non trans l’utilisent pour répondre à une urgence pipi genrée.

Pas facile la modernité...

Surtout qu’il y a toujours un lobby victimaire quelque part pour hurler à la discrimination et traiter de transphobes ou homophobes les chroniqueurs qui posent des questions difficiles.

En théorie, construire des toilettes non genrées dans tous les édifices publics, comme c'est la loi à Los Angeles, ne ferait de mal à personne, j'en conviens. Sauf que l'argent manque et les besoins augmentent.

Revenons à mon odieuse question : quand nos écoles tombent en ruines et qu’il faudrait des milliards pour les mettre à niveau, quand nous envoyons nos enfants dans des bunkers sans fenêtres appelées polyvalentes en priant pour qu’ils ne décrochent pas, que les bibliothèques manquent de livres, d’ordinateurs, que les enfants arrivent à l'école le ventre vide, l’appel à se solidariser autour du projet de toilettes non-genrées dans les écoles pour desservir une clientèle dont personne ne connaît le nombre exact, me semble hors focus.

En passant, j’attends un retour d’appel de la CSDM pour savoir combien d’écoles sont accessibles en fauteuil roulant...