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Notre école est en crise

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Cette semaine a été marquée par la Coalition avenir Québec, qui veut imposer l’éducation comme enjeu national prioritaire.

Les messages clés sont bien amenés et bien ficelés. Il est vrai que notre école est en crise, et François Legault propose de donner un sérieux coup de barre, avec notamment l’école dès quatre ans.

Pendant ce temps, le gouvernement libéral sort amoché d’une autre semaine très difficile dans la région de Québec, avec un cafouillage monumental sur l’élargissement de l’autoroute Laurentienne. Mais le Québec ne serait pas ce qu’il est sans un bon dossier hétéroclite de Québec solidaire, qui a tenté de susciter un débat social sur... les toilettes pour les élèves transgenres. Est-ce vraiment une priorité? Bon samedi!

Le top 3 de la semaine

1. L’éducation au sommet
Photo d'archives

En langage de baseball, la Coalition avenir Québec (CAQ) a frappé un double de trois points cette semaine.

Legault n’a pas peur de le dire: l’école québécoise est en crise. Et j’élargirais même le constat aux cégeps et universités. La pseudo-stabilité dans les frais de scolarité nous procure une illusion de paix sociale.

Le sous-financement universitaire gangrène nos universités, qui se classent en queue de peloton au pays sauf pour McGill. Mais revenons à nos moutons. François Legault veut rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans et sanctionner les commerces qui embauchent des décrocheurs. Va pour le spectacle, mais l’essence est ailleurs.

D’abord, Legault exige que les parents soient plus impliqués dans l’éducation des enfants. Le prof n’est pas l’unique voie de la réussite: il est temps que les parents serrent la vis! Mais c’est l’école à quatre ans qui ébranle le plus les colonnes du modèle québécois. Selon la CAQ, les profs de maternelle seront mieux formés que les éducatrices de garderie qui sortent des cégeps. Une affirmation qui énerve certains CPE...

Car, au fond, plus d’enfants de quatre ans à l’école, moins dans les garderies et donc... moins de jobs. Question aux éducatrices indisposées: vos jobs seraient-elles plus importantes que le bien-être de nos enfants?

2. Élargissement controversé
Photo d'archives

Un gouvernement incapable d’accoucher d’un projet d’élargissement d’à peine 5 kilomètres d’une autoroute, c’est un peu comme un pâtissier incapable de faire cuire des chaussons Pillsbury comme du monde. Maladresse et incompétence forment un cocktail toxique.

La gestion libérale de l’élargissement de l’autoroute Laurentienne est burlesque.

Toutes les gaffes ont été commises. Annulation d’une annonce à la sauvette l’an dernier, le ministre Heurtel qui veut imposer une étude du BAPE, avant de reculer. Et, là, c’est le ministre François Blais qui lance tout bonnement que c’est juste un bout de voie direction sud seulement qui sera élargi, pour les voitures électriques, les autobus et le covoiturage uniquement!

Du à moitié cuit, à moitié mastiqué. Le maire Labeaume, tenu à l’écart, a implosé en privé, avec raison, rendant Blais docile comme un bouvier bernois.

Maintenant, deux camps se braquent: les automobilistes avec une pétition et les bourgeois écolos de la Haute-Ville qui exigent que nos enfants soient exclus du covoiturage!

Une déconfiture totale de relations publiques, mais surtout de politique 101 et de gros bon sens!

Labeaume a raison de se méfier.

Et nous, doublement!

3. Toilettes en folie
Photo d'archives

Québec solidaire (QS) a un nouveau dada: les toilettes pour transgenres! Pouvoir se changer dans une salle selon le sexe auquel on s’identifie. Ne vous méprenez pas: je suis tolérant et loin de moi l’intention de déchirer ma chemise dans une énième gué-guerre des sexes.

Ou encore moins d’imiter la militante floridienne Anita Staver, qui porte un pistolet pour... se protéger des transgenres... Franchement!

Au Québec, heureusement, on est très loin de ce délire.

Par contre, est-ce vraiment un dossier prioritaire?

La députée de QS Manon Massé a été incapable de me dire combien au juste il y avait d’enfants transgenres au Québec!

Alors, QS milite pour qui au juste?

Et, tant qu’à y être, pourquoi pas des toilettes pour les femmes «straight» indisposées par les lesbiennes? Et pourquoi pas pour les hommes gais? Une autre pour les vieux homos, les plus jeunes, les gros, les maigres, etc.?

Les microminorités obtiennent souvent le haut du pavé grâce à une couverture médiatique totalement disproportionnée par rapport à leur poids social véritable, au détriment des intérêts de l’immense majorité.

Oui, le Québec peut très bien se passer ici d’une autre tyrannie des minorités.