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L’UL veut un ménage en enseignement

Québec ne peut plus maintenir tous les programmes

Le doyen la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, Fernand Gervais s’interroge sur la pertinence de maintenir tous les programmes en place.
photo courtoisie Le doyen la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, Fernand Gervais s’interroge sur la pertinence de maintenir tous les programmes en place.

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Confronté à une baisse des demandes d’admission, le doyen de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval lance un pavé dans la mare: il faut faire le ménage dans les programmes d’enseignement offerts dans les universités québécoises, affirme-t-il.

En raison du mode de financement universitaire, qui est basé sur le nombre d’étudiants, on assiste à une «course effrénée et absurde» puisque les universités sont en concurrence les unes contre les autres, rappelle d’abord le doyen, Fernand Gervais, qui en arrive à un constat.

Rationalisation

«Que toutes les universités offrent tous les programmes [en éducation], moi, j’ai de la misère avec ça. À un moment donné, il faut qu’il y ait une rationalisation», lance-t-il en entrevue avec Le Journal.

Ce dernier comprend que ces formations sont offertes dans les universités aux quatre coins du Québec afin d’attirer des enseignants en région.

«L’idée, c’était de dire: si on les forme ici, ils vont rester ici. Mais, socialement, je ne suis pas certain qu’on a les moyens d’offrir tous la même chose.»

L’offre de cours à distance s’est beaucoup améliorée au cours des dernières années, si bien que cette logique ne tient plus nécessairement la route, ajoute le doyen de l’institution.

Baisse des admissions

M. Gervais s’interroge sur la pertinence de maintenir tous les programmes en place, alors que l’Université Laval est confrontée cette année à une baisse de 17 % des demandes d’admission en enseignement par rapport à la même période l’an dernier.

Difficultés du métier

Une diminution qui s’explique à la fois par la baisse démographique et par le «climat morose qui entoure le secteur de l’éducation», affirme M. Gervais.

La précarité des jeunes profs et les difficultés du métier, qui font souvent les manchettes, n’aident pas à attirer des jeunes en enseignement, précise-t-il.

Le mode de financement vient par ailleurs freiner les ardeurs des universités qui voudraient rehausser les exigences d’admission, puisqu’une diminution du nombre d’étudiants correspond à une baisse de financement.

«On se tirerait dans le pied», lance le doyen.

Demandes d’admission dans les programmes d’enseignement à l’Université Laval*

  • 2012 : 1106
  • 2013 : 1240 
  • 2014 : 1217
  • 2015 : 1130
  • 2016 :  963
*En date du 1er mars