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Des circonstances favorables

Des circonstances favorables
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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François Legault avait très mal réagi à l’arrivée de Pierre Karl Péladeau à l’Assemblée nationale. Du jour au lendemain, le chef de la Coalition avenir Québec était quasiment ramené au rang de backbencher.

La scène avait fait la manchette: un jour, alors qu’il s’entretenait avec des journalistes, le nouveau chef du PQ passa par là et M. Legault se retrouva subitement seul...

Tous les micros et les caméras s’étaient tournés vers PKP. Qui ne tenait même pas à parler...

Furieux, le chef caquiste prit des jours à oublier cet affront. Il prit des semaines à s’habituer à la nouvelle dynamique imposée par PKP.

Mais voilà que le flamboyant chef du PQ n’est plus là. Disparu, le personnage «transformationnel» qui fascinait les experts et les commentateurs. Celui qui devait amener les péquistes aux berges du Rubicon n’aura été en poste qu’un an à peine, détourné de son projet par des complications d’ordre familial.

Le vide provoqué par le départ de M. Péladeau est immense; le PQ est littéralement décapité. Et les péquistes, comme à l’accoutumée, prendront leur temps pour lui trouver un remplaçant. C’est une occasion en or pour la CAQ.

Salon bleu

Distrait par un leadership à nouveau vacant, le PQ redonne à la CAQ la possibilité d’incarner la véritable opposition au gouvernement Couillard.

Les troupes de François Legault sont déjà d’une efficacité redoutable. D’ailleurs, n’eût été l’avantage que procure au PQ le statut d’opposition officielle, François Legault aurait éclipsé PKP avec un temps de parole similaire.

Mais l’opposition officielle de Sa Majesté garde le droit au plus grand nombre de questions et, surtout, celui de poser les premières...

Malgré tout, la CAQ a fait mouche à plusieurs reprises. Les troupes de François Legault ont mené la charge dans les dossiers des sièges sociaux, de l’intégrisme religieux, de l’éducation et du fardeau fiscal.

En éducation, les propositions de Jean-François Roberge, regroupées dans un livre intitulé Et si on réinventait l’école, ont fait la manchette.

C’est la CAQ qui a, la première, invoqué les seuils d’immigration trop élevés pour la capacité d’accueil du Québec; un front sur lequel le gouvernement Couillard a fini par reculer...

Le départ de PKP repousse forcément la tenue prochaine d’un autre référendum sur la souveraineté. La CAQ pourrait profiter de la démobilisation des plus souverainistes déçus.

PQ/Solidaire

Mais François Legault a un défi de taille: sa coalition n’a pas beaucoup de temps pour assurer sa présence en régions. Il a, ici et là, des racines superficielles, mais ça ne suffira pas en 2018. La CAQ semble satisfaite de passer aux nouvelles en espérant l’évidage du PQ. Mais LCN et RDI ne feront pas sortir son vote...

Il reste que M. Legault dispose de circonstances exceptionnellement favorables. PKP parti, il est désormais le seul chef à l’Assemblée nationale ayant un véritable profil économique. Le PQ n’a personne d’un gabarit comparable, quoi qu’en disent Nicolas Marceau ou Martine Ouellet.

L’économie est la préoccupation prioritaire des électeurs. Elle le sera d’autant plus que l’économie du Québec piétine et que sa main-d’œuvre vieillit rapidement.

Il y a aussi, à l’avantage de la CAQ, que les Québécois n’ont pas envie de réécouter les 50 nuances de la démarche péquiste vers l’indépendance.

Non pas qu’ils s’opposent au projet de pays, mais la fatigue finit par gagner les meilleurs... Un peuple ne peut être mobilisé que pour faire valoir des politiciens. Au reste, il devient difficile de croire en une Cause quand ceux qui, en coulisses,

l’ont accaparée ne font consensus qu’avec eux-mêmes...

Citation de la semaine

«Un couronnement? Non! On n’est pas en monarchie, surtout au Parti québécois» — Agnès Maltais