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Projet de loi Uber: l’industrie du taxi salue une victoire de la société de droit

Guy Chevrette
Photo d'archives Guy Chevrette

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QUÉBEC – L’industrie du taxi accueille favorablement le projet de loi visant à réglementer Uber et presse les députés de l’adopter rapidement pour faire cesser «la pagaille» qui sévit actuellement.

«Aujourd’hui, c’est la société québécoise, c’est la société de droit qui gagne, parce qu’on était en train de donner l’image que n’importe qui pouvait venir ici faire de l’argent au détriment de ceux qui se conforment aux lois et règlements», a déclaré le porte-parole de l’industrie, Guy Chevrette.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a déposé jeudi son très attendu projet de loi sur les services de taxi au Québec. Sa proposition législative prévoit notamment d’obliger les chauffeurs d’Uber à détenir un permis et à payer des taxes et des impôts.

«Chapeau au ministre Daoust, qui a réussi, je pense, à décrocher un projet de loi qui se tient et qui nous sied», a réagi M. Chevrette.

L’ancien ministre péquiste, qui a déjà dirigé le ministère des Transports, se réjouit notamment que le gouvernement compte suspendre les permis des chauffeurs qui feraient du transport de personnes sans autorisation. Il est persuadé que cela en fera réfléchir plus d’un.

«C’est très dissuasif de perdre ton permis de conduire pour une très grande majorité de citoyens qui voyagent du travail à la maison par automobile», a-t-il fait valoir.

Celui qui agit à titre de porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi (CPCDIT) se croise maintenant les doigts pour que les élus de l’Assemblée nationale adoptent la proposition législative avant l’été.

«Le mal a assez duré. Il y a des revenus qui ont terriblement baissé au cours des derniers mois et il faut mettre fin à ça», a-t-il insisté.

En obligeant la multinationale Uber à se conformer aux lois et règlements du Québec, Guy Chevrette croit que le gouvernement envoie un message clair aux entreprises qui seraient tentées de l’imiter.

«Pourquoi, dans n’importe quel type d’économie, laisserions-nous un étranger venir faire fi (...) braver les lois et règlements?» a demandé le représentant du CPCDIT.

«Jamais de ma vie, en 25 ans au Parlement, j’ai vu une compagnie étrangère venir ridiculiser le Parlement, ridiculiser les lois et continuer à faire affaire malgré une demande très légitime d’un ministre de cesser l’opération pendant qu’il cherchait une solution», a conclu l’ex-ministre.

Uber prend acte

Le porte-parole d’Uber Canada, Jean-Christophe de Le Rue, a indiqué jeudi que l’entreprise se donnait quelques jours pour étudier attentivement le projet de loi avant de le commenter en détail et «d’expliquer aux Québécois les conséquences» qu’il aura.

«Nous étudions présentement de bonne foi le projet de loi du ministre Daoust et ses implications pour près d’un demi-million d’utilisateurs et les milliers de partenaires-chauffeurs qui comptent sur la plateforme technologique Uber pour boucler leurs fins de mois», a déclaré M. de Le Rue.