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Douce France

SPO-JEUX PAN-AM DE TORONTO
Photo d'archives Karen Paquin

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Nous voilà en Europe dans la poursuite de notre préparation olympique et on dirait que mon cœur de joueuse bat un peu plus qu’à l’habitude à l’approche du tournoi en France, la semaine prochaine.

J’ai ressenti une fébrilité quand on a appris que la dernière étape des Séries mondiales se tiendrait à Clermont-Ferrand, les 28 et 29 mai. J’ai un lien sentimental avec la France, autant pour le rugby que dans ma vie personnelle.

Retrouvailles familiales

Mon mari est originaire de Dunes, un petit village du sud du pays, et ce tournoi deviendra pour nous une belle occasion pour des retrouvailles familiales. Julien fera le voyage pour assister au tournoi et sa mère, ses grands-parents, la famille élargie et plusieurs amis y seront aussi.

On aime jouer davantage avec la balle que les hommes.

Pour toute la famille, le rugby fait partie du quotidien. Dans leur région, c’est aussi gros que le hockey pour nous au Québec. En plus d’Agen, qui joue dans la plus haute division du Championnat de France – ce qu’on appelle là-bas le Top 14 – chaque village a son club.

Forcément, Julien a joué lui aussi durant sa jeunesse et il a atteint un bon niveau junior avant de se tourner vers autre chose. Quand il a déménagé à Québec, il s’est impliqué de nouveau dans le rugby civil au Club de Rugby de Québec (CRQ). Cet été-là, je revenais de la coupe du monde de rugby à sept à Moscou et j’étais retenue sur les lignes de côté par une fracture de la main. Ce n’est donc pas sur le terrain, mais bien en lui vendant la voiture de ma mère que je l’ai rencontré!

La ville est rugby

J’ai hâte de découvrir Clermont-Ferrand qui est une ville de rugby. C’est un peu comme Langford pour nous, sur l’île de Vancouver, où il y a beaucoup de soutien pour l’équipe canadienne.

Les amateurs en France encouragent de plus en plus le rugby féminin, surtout depuis la Coupe du monde à 15 en 2014. On aime jouer davantage avec la balle que les hommes et, comme il y a moins de bottés, ça donne des matches dans lesquels on accorde une plus grande valeur au jeu, et donc à l’essai. J’ai encore en mémoire les émotions fortes de notre victoire contre la France en demi-finale au stade Jean-Bouin à Paris. Il y avait près de 20 000 spectateurs endiablés qui criaient contre nous. Disons qu’on avait de la difficulté à entendre nos quelque 200 partisans canadiens!

La France semble sur la voie d’adopter le rugby à sept. Le tournoi masculin à Paris a connu un immense succès pour sa première édition la semaine dernière. Évidemment, il y aura toujours des irréductibles pour qui le rugby n’est rien d’autre que celui à 15 joueurs, mais ces tournois leur feront la démonstration que notre sport est différent, mais est aussi excitant.

En plus d’aider à notre chimie sur le terrain, ce dernier tournoi avant les Jeux olympiques servira aussi à jouer des matches devant un public pas nécessairement en notre faveur. Dans la plupart de nos dernières grandes compétitions, comme les Jeux panaméricains à Toronto et le tournoi à Langford à la mi-avril, les grosses foules étaient derrière nous. Ce sera forcément différent, cette fois-ci.

– Propos recueillis par Alain Bergeron