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La réforme en éducation du ministre Proulx reçoit des appuis

Sebastien Proulx
Simon Clark/Agence QMI Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx.

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La réforme du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, n’en est qu’à l’étape de la planche à dessins, mais déjà, elle reçoit des appuis importants dans le réseau universitaire, a appris Le Journal.

Une quinzaine d’experts et d’universitaires, provenant de neuf établissements différents, ont fait parvenir mardi après-midi une lettre au ministre Proulx pour l’encourager à aller de l’avant. «Ces orientations font partie de celles que nous privilégions», peut-on lire.

Une telle initiative est rare, souligne l’un des auteurs, Martin Maltais. «Ce n’est pas commun qu’autant d’universitaires en éducation se mettent ensemble, ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu ça au Québec», affirme celui qui est professeur à l’Université du Québec à Rimouski.

Les signataires de cette lettre appuient la grande majorité des éléments mis sur la table par le ministre la semaine dernière, qui feront l’objet d’une consultation cet automne : offrir la maternelle 4 ans à tous, rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, améliorer la formation des enseignants et leur donner davantage d’autonomie, permettre aux services de garde de mieux dépister les enfants à risque et d’assurer le suivi avec l’école, créer un Institut national en éducation pour baser les décisions gouvernementales sur la recherche.

La création d’un ordre des enseignants et la décentralisation ne font pas partie de cette liste, puisqu’il s’agit de propositions qui ne faisaient pas l’unanimité auprès des signataires ou qui étaient prématurées, explique M. Maltais. «C’est déjà étonnant qu’on ait un consensus sur tout ça», lance-t-il.

Les auteurs de cette missive rappellent par ailleurs au ministre que de telles mesures nécessiteront des «engagements financiers structurels et sérieux». L’exemple de l’Ontario, où des mesures similaires ont été adoptées, démontre que «le succès collectif en matière d’éducation est possible», écrivent-ils.

De son côté, Martin Maltais affirme qu’il faudra investir 1,2 milliard $, comme l’a fait la province voisine, si le Québec veut devenir «l’Ontario 2.0 sur le plan de l’éducation».

Or l’investissement en vaut la peine et le Québec en a les moyens, ajoutent les auteurs de cette missive. «Toutes ces mesures permettront de stimuler la richesse collective que représente le savoir de nos enfants et semer cette prospérité nécessitera à peine le tiers de l’augmentation récurrente de la masse salariale consentie aux médecins au cours des dix dernières années, ce qui montre le réalisme de vos ambitions», peut-on lire.

Ces experts espèrent que les acteurs du milieu de l’éducation qui participeront à la consultation sur cette réforme cet automne le feront «en mettant de côté le moindre corporatisme», pour «bâtir l’avenir de la relève».