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Poëti pourrait avoir été écarté parce qu’il posait trop de questions, soutient la CAQ

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Simon Clark/Agence QMI Le député libéral Robert Poëti.

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QUÉBEC – Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, soupçonne Philippe Couillard d’avoir écarté Robert Poëti de son cabinet parce qu’il posait «trop de questions embarrassantes» sur l’octroi des contrats au ministère des Transports (MTQ).

«Je pense qu’on a le droit de savoir pourquoi exactement M. Poëti a été mis de côté. Est-ce que c’est parce qu’il posait des questions trop embarrassantes à propos des façons de faire du ministère des Transports? a demandé M. Legault. Est-ce que c’est parce qu’il voulait faire des changements avec lesquels la haute direction du Parti libéral n’était pas d’accord? C’est très troublant.»

François Legault
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Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Le chef du deuxième groupe d’opposition réagissait aux révélations faites par le magazine L’actualité. Le journaliste Louis Lacroix a rapporté qu’avant d’être évincé du cabinet Couillard, l’ancien ministre des Transports Robert Poëti avait été témoin de plusieurs pratiques contestables liées à l’octroi des contrats au sein du MTQ.

Manque d'indépendance des vérificateurs chargés d’analyser la conformité de certains contrats en région, contrats fractionnés pour être accordés de gré à gré à d’anciens employés, reddition de comptes insuffisante, les faits observés par M. Poëti l’ont amené à demander un rapport d’enquête. Il a toutefois été évincé avant d’en voir la couleur.

Plus inquiétant encore, la haute direction de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) aurait refusé d’enquêter sur ces pratiques administratives douteuses. L’actualité rapporte que la directive venait directement du grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, qui aurait affirmé ne pas voir le MTQ «comme une cible, mais un partenaire».

«Si on voulait enquêter, il fallait demander des documents, et ils ne nous les donnaient pas. La seule façon aurait été que l’escouade Marteau, le bras policier de l’UPAC, aille perquisitionner au ministère. Ça ne s’est jamais fait», a confié un informateur au magazine.

Selon François Legault, ces révélations démontrent que le ménage n’a pas été fait au ministère des Transports, même après les travaux et les recommandations de la commission Charbonneau. Le chef de la CAQ demande la tenue d’une enquête qui permettrait d’entendre «tous les intervenants importants dans le dossier», dont Robert Poëti et la sous-ministre au MTQ, Dominique Savoie.